Réponse à M. Peltier, grand chrétien dont la lettre ouverte à un prêtre militant contre le mariage « gay » a fait les choux gras d’un site d’extrême gauche très à la mode.(MEDIAPART)

Monsieur,

Je n’ai d’autre vocation à répondre à votre lettre que celle de concitoyen belge désespéré par vos propos.

Sur la personne d’abord :

D’après vos propres dires vous ne connaissez pas bien du tout l’abbé auquel vous vous attaquez, or, à la surprise du lecteur, vous lui reprochez (avec très peu de charité), des attitudes et des manquements qui supposent que vous connaissez non seulement ses faits et gestes, mais l’ensemble de sa démarche et même ses pensées et intentions.  Ceci signifie clairement qu’ou bien vous avez menti en disant que vous le connaissez mal, ou bien toute votre lettre n’est qu’un pur procès d’intention. Inutile de vous dire que c’est cette seconde alternative qui a la faveur de l’observateur critique.

Sur le fond ensuite :

Premier argument, selon vous, un prêtre catholique n’a pas à se prononcer pour les homosexuels non-chrétiens pour la simple raison qu’ils ne sont pas chrétiens !   C’est une plaisanterie ? Vous vous considérez comme ouvert et progressiste mais un prêtre ne peut pas donner de conseils ou même expliquer ses convictions à des non chrétiens ?

Deuxième argument, vous faites à cet abbé le procès de son intention de voir la société menée par la religion catholique. Outre ce procès sans élément de preuve, vous affirmez que le Christ ne veut pas d’une chrétienté ardente retrouvée. Les laïcistes qui publient votre lettre doivent être ravis de cette prise de position, mais moi qui suis passionné à l’idée de rendre à César ce qui est à César, je tiens aussi, comme beaucoup des opposants à la caricature du mariage homosexuel, à  ce que l’on rende bien à Dieu ce qui est à Dieu. Par ailleurs, sur le plan religieux, sur ce qui tient aux « volontés » du Christ j’aime me référer à ce que dit Son Eglise. (‘Je crois en l’Eglise une sainte catholique et apostolique’). Or nous avons précisément la chance que la position de l’Eglise, et particulièrement de l’Eglise en France, soit sans la moindre ambiguïté sur le sujet.

Troisième argument, « venez voir en Belgique, depuis 10 ans rien n’a été bouleversé et la vie continue ». Vous faites semblant de ne pas savoir que la loi française va beaucoup plus loin que la loi belge et que, chez nous, les modifications dans le code civil sont bien moins lourdes et qu’on n’efface pas le père ni la mère pour parler des parents. Mais surtout, vous faites semblant de considérer que la famille se porte bien chez nous alors qu’elle se trouve dans un état de délabrement tel que les jeunes n’osent même plus se marier  et privilégient essais et unions libres plutôt que de s’engager à en construire une. Ou vous êtes aveugle ou vous acceptez avec un cynisme qui me déconcerte cette véritable catastrophe sociale pour la génération montante.

Quatrième argument, vous prêtez à l’adoption par les homosexuels une qualité d’amour que n’auraient pas les parents biologiques et que vous appelez « l’amour désiré ». Donc, selon vous, le fait de désirer un enfant que l’on ne peut avoir biologiquement augmente la qualité de l’amour qu’on lui portera ! Est-ce d’un grand chrétien, comme vous vous définissez vous-même, de faire du désir le thermomètre de l’amour ? Pour ma part, je n’avais encore jamais entendu glorification plus vicieuse du « droit à l’enfant » !

Au bilan de votre méchante lettre, ce qui surprend le plus c’est que vous semblez vous fixer, vous, sur la question du mariage des homos, or vous savez bien que ce n’est là, que le prétexte. Les homos ne préoccupent pas une minute ni Madame Taubira, ni le gouvernement français. Ce qui est en jeu, et vous le savez très bien, c’est l’introduction dans nos lois et règlements européens, de la théorie du genre et tout son cortège d’abominations. Et là, j’en suis désolé pour vous, mais cette théorie est en pleine contradiction avec les évangiles et la tradition de l’Eglise sur les fondements de l’amour humain et du projet divin.

Et in cauda venenum ! Vous terminez votre lettre par une perfide citation de Philippe van Meerbeek qui aurait dit que « 70 % des prêtres sont peu ou prou homosexuels » Mais qu’est-ce que cette considération, citée hors contexte, vient faire dans vos arguments ? A moins qu’elle constitue un aveu inconscient et qu’elle  ne prouve simplement que tout le reste ne soit que posture de votre part, et que pour vous, au fond de votre âme, un prêtre n’est jamais qu’un pédé qui s’ignore. (Avec le mépris horrible que ceci suppose)

Je vous promets que je ne veux pas croire à cette dernière observation mais sachez qu’à vous lire c’est ce que chacun risque de ressentir.

Avec mes sentiments les meilleurs en espérant vous avoir fait revoir vos positions.

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