La Genèse profanée !

Et Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.  Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, homme et femme, il les créa.  Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, et soumettez-la. (Genèse 26.28)

 

 

En cette glaciale veillée de Pâques, j’ai eu le bonheur de lire encore une fois un des textes les plus beaux de la littérature universelle : les premiers versets de la Genèse reprenant la création du monde.

Ce texte en forme de prophétie première, de poème original sorti de la source des temps, marie avec une rare puissance la naïveté de l’homme, la main du Créateur et le Verbe de Dieu.

Mais beaucoup plus prosaïquement je n’ai pu, en le relisant, m’empêcher de penser qu’il était d’une actualité politique troublante. Il me semble en effet indéniable que le laïcisme quelque peu hystérique qui contamine aujourd’hui l’ensemble de la classe dirigeante de notre oligarchie particratique se situe et milite à l’opposé exact de ce texte fondateur. (Ce qui rend sa relecture d’autant plus jouissive pour moi, je l’avoue volontiers).

Passons rapidement sur le dernier avatar engendré par l’obligatoire obsession  anti-chrétienne : la suppression décrétée de toute référence chrétienne dans les noms des vacances scolaires. Il me semble bon de citer ce détail grotesque afin que nous puissions mieux appréhender la profondeur d’un mal qui fait accepter de telles stupidités, les fait prendre en considération par un parlement, les fait travailler par des commissions d’élus et par de multiples fonctionnaires qui ne sont pourtant pas tous frappés de débilité mentale, jusqu’à les couler dans une norme imposée aux écoles qui sont évidemment les dernières dont ont aurait songé à demander l’avis. Tenez, prenez donc un petit œuf « de printemps » pour faire passer ça.

Mais il y a plus grave, hélas beaucoup plus grave. Il y a l’écologie politique aujourd’hui érigée en culte. Construit sur les grandes peurs instinctives de l’homme, ce mouvement était assez folklorique à ses débuts, (je l’ai vu de tout près dans les années 80 quand les deux premiers élus « Ecolo » sont arrivés à la Chambre en même temps que moi) mais, comme par hasard, depuis que certains milieux d’affaire y ont vu des sources de  business formidablement profitables et presque infinies, il s’est progressivement transformé en une religion matérialiste qui s’est imposée mondialement avec d’énormes moyens et en développant un cléricalisme despotique dont nos sociétés libérales avaient perdu l’habitude. Qui peut encore prétendre aujourd’hui échapper chez nous aux diktats du « développement durable » ce pléonasme incontournable qui s’est imposé dans le secteur de l’énergie puis dans toute l’industrie, qui nous dicte sans vergogne ce que nous pouvons manger et boire, la manière dont nous devons nous loger et nous chauffer, ce que nous pouvons acheter, vendre ou consommer en gérant littéralement notre vie dans tous les domaines, même les plus intimes ?

Et gare à celui qui conteste. Voyez comme se font lyncher sans pitié les inconscients scientifiques qui osent signaler leurs observations indiquant que le globe ne se réchaufferait plus depuis quelques années. Aucune discussion n’est acceptée, aucun argument n’est entendu et les blasphémateurs sont dénoncés à l’opprobre public et voués aux gémonies.

Personnellement je n’ai aucune compétence en climatologie, j’observe simplement à qui profitent les ukases de ceux qui croient pouvoir en faire une science exacte. Mais je ne puis réprimer un sourire impertinent quand je lis dans un article qui ne se veut pas comique, que le froid glacial exceptionnel de ce printemps retardataire est précisément dû, lui aussi, …au réchauffement climatique ! (Comment n’y avions-nous pas songé nous-mêmes ?)

Au-delà du climat et très curieusement, l’écologie politique qui prétend défendre notre planète mère, la vie animale et végétale, ainsi que l’ensemble de la nature au prix d’immenses investissements financiers et humains, devient soudain sourde et aveugle dès qu’on aborde les horribles «  sujets éthiques ». Autant elle s’émeut devant les massacres de bébés phoques, le sort inquiétant d’espèces animales ou les maltraitances dans les élevages et les abattoirs (qui sont de vrais sujets, nul ne le conteste), autant elle semble approuver ce qui fait la honte la plus grave de notre siècle à savoir l’élimination journalière, perpétrée dans nos sociétés « progressistes », de centaines de milliers d’enfants à naître, de vieillards, de malades ou même d’innocents handicapés.

Nous avons vu ici l’avortement passer progressivement de l’état de crime très partiellement dépénalisé par la loi, à celui d’un « droit de la femme » totalement illégal mais revendiqué sans le moindre scrupule par toute une population volontairement aveuglée. Essayez aujourd’hui de rappeler que l’avortement reste, qu’on le veuille ou non, un geste de mort humainement insoutenable et une blessure indélébile, et vous entendrez les anathèmes proférés contre vous !  (Avec une virulence qui prouve bien la justesse de vos affirmations.)

Enfin, l’actualité est surtout à la destruction de la cellule familiale comme cellule de base de notre tissu social. Pour cela la porte est grande ouverte à des lobbys gays et lesbiens qui revendiquent de manière assez surréaliste et totalement impudique des nouveaux droits : le droit au mariage homosexuel (ce qui, en français est une « contradictio in terminis »(*) et surtout le « droit à l’enfant » ( qui fait de l’enfant un objet de droit plutôt qu’un sujet) quitte à lui imposer une vie sans père ou sans mère. Ces horreurs, revendiquées par des groupes ultra-minoritaires, ne sont évidemment que des prétextes, certes pas très ragoutants mais des prétextes, le but, la cible est la famille traditionnelle. Il faut la détruire. Elle protège en effet l’individu de son total isolement devant les pouvoirs politiques économiques et sociaux. (**)

Il faut substituer à la répartition des rôles au sein de la cellule familiale, la théorie du genre qui prétend, de manière totalement saugrenue mais très à la mode, que le sexe n’est pas une réalité ontologique ni physique mais simplement culturelle et qu’il devrait faire l’objet d’un choix libre à tout moment de l’existence. Et comme par hasard, les adeptes de ces inepties dont on rira avec gène dans quelques décennies, se retrouvent au sein de tous les partis du système et s’escriment à changer nos règles de vie et l’éducation de nos enfants en fonction de leurs fantasmes les plus malsains.

Une forte proportion de la population française semble avoir compris le danger et son importance, elle le démontre dans des manifestations historiques et dans une détermination impressionnante. Quoi qu’il arrive dans les mois à venir, cet énorme mouvement ne restera pas sans trace, en France comme dans toute l’Europe. Le printemps arriverait-il enfin ?

Pascal de Roubaix.

(*) Le « Robert » comme le « Littrè » donne comme définition au mariage : l’union légitime entre l’homme et la femme. Il est aussi bon de savoir que le mot mariage apparaît en français au début des années 1000 pour désigner le sacrement par lequel l’Eglise catholique bénit l’union de l’homme et de la femme. L’Eglise est donc à l’origine même de ce mot, et certains prétendent s’offusquer de ce que les évêques de France interviennent en sa faveur !

(**)Extrait d’un courrier déjà ancien : Mais pourquoi me direz-vous cette hargne contre la famille ?  Tout simplement parce que la famille est la première des garanties de la liberté de la personne humaine. C’est son creuset, son recours, son port d’attache, son havre, sa ressource. Sans famille, la personne n’est plus qu’un individu, nu face au pouvoir et aux aléas. C’est ce que veut le socialisme : une collectivité d’individus, et surtout pas des personnes revêtues de dignité  et d’autonomie structurée. C’est ainsi que le progressisme matérialiste s’est développé de manière comparable au sida. Celui-ci tue dans notre organisme les éléments qui nous immunisent face à la maladie. Celui-là détruit systématiquement dans l’organisme social toutes les structures qui immunisent le citoyen et lui donnent les dimensions de sa dignité personnelle.

La famille est construite sur le principe du don de soi, total, sans compter, qui crée des liens affectifs indestructibles, toutes notions sur lesquelles le matérialisme n’a aucune prise. Elles lui sont donc insupportables, il faut les nier, les empêcher, les ridiculiser, les démoder, bref tout mettre en œuvre pour qu’elles soient réduites à l’impuissance malgré leurs fondements essentiels.

Or si la famille n’est pas la panacée qui, à elle seule, nous guérira de tous nos maux, c’est évident, il n’est pas moins évident qu’elle constitue le creuset irremplaçable de la formation de la libre personnalité de chacun.

Le lien biologique est le seul qui garantisse l’oubli de soi au profit de l’autre (à l’exception de certains parents dénaturés).

C’est cet oubli de soi qui justifie l’autorité parentale, c’est lui qui affermit les rapports d’amour-autorité entre les membres de la famille qui se sentent et sont effectivement responsables les uns des autres.

Cette sécurité, cette sérénité affective est le creuset irremplaçable qui sociabilise les enfants tout en leur forgeant une personnalité propre et en leur transmettant les repères moraux indispensables à la vie en société.

Mille fois les éducateurs en ont fait l’expérience : il n’existe pas de palliatif à la famille. En cas de défaut de la famille, toutes les formes de prises en charge des enfants, même les mieux organisées et les plus chaleureuses, se sont révélées n’être que des pis-aller.

Il saute donc aux yeux, que la cellule familiale doive être au centre de toutes les préoccupations de ceux qui prétendent vouloir le bien commun. La famille devrait être, logiquement, le cœur et l’inspiration de tout programme politique intelligent. Hélas, c’est exactement dans la direction opposée que vont nos pays, pour le plus grand malheur de l’Europe et de ses nations dont les politiques euthanasient la famille moribonde avec le consentement plus ou moins actif des partis prétendument démocratiques.

(Courrier du 22 août 2005)

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