La CROISSANCE ? …mais c’est la VIE !

Si vous permettez,  nous voudrions transmettre aujourd’hui un message résolument positif et optimiste dans sa nature même : la croissance, c’est la vie !

S’il y a un thème qui est revenu à la mode dans les cerveaux mono-structurés de notre bobostan, c’est bien celui de la croissance  et sa condamnation urbi et orbi comme piste innommable  de la course capitaliste vers le profit, ses larmes et ses crimes.

Il ne vous étonnera pas d’apprendre que le Beffroi se porte en faux contre une vision d’une telle noirceur de ce qui est, selon nous, l’essence même de l’humanité et de son destin : la croissance.

Depuis la Genèse nous savons que l’Homme, ici bas, a pour mission de croître et de se multiplier. Mais depuis que l’Homme philosophe, il sait que son destin est de tendre encore et toujours vers le mieux, le plus beau, le plus fort, de se transcender dans un perpétuel défi lancé à sa faiblesse et à sa finitude, défi dont il tire d’ailleurs sa véritable dignité. Enfin,  depuis que les philosophes ont découvert la morale, chacun sait qu’il a à assumer sa liberté et que celle-ci n’est autre que ce chemin qui le conduit au-delà de ses limites.

Après vous avoir répété ces principes élémentaires qu’on semble ignorer dans les milieux qui soufflent l’air du temps, nous ne pouvons que constater qu’en mettant la croissance en jugement, c’est le procès de notre liberté à tous que ces gens –là sont en train d’instruire.

C’est une nouvelle tentation totalitaire, dans l’esprit des lumières… vertes et du despotisme durable, que nous commençons à vivre. Qu’il soit motivé par un hédonisme matérialiste ou par une nouvelle sorte d’ascétisme bio plus ou moins complices, peu nous chaut, c’est notre liberté et celle de nos enfants qui s’en retrouvent en voie de disparition.

Certains nous objecteront que « mieux » ne signifie pas nécessairement « plus » et que nous risquons de confondre qualité et quantité sous la houlette de ce capitalisme éhonté qui, au travers d’un marché omnipotent, n’avantage que les forts aux détriments du reste de la société.

Nous répondrons que nous sommes fatigués d’entendre le marché contesté dans les discours de tous ceux qui ne se privent pas de profiter du confort qu’il leur apporte. Nous sommes une nouvelle fois obligés d’affirmer que le marché comme le capitalisme font partie de l’activité humaine et que personne, jamais, ne pourra les interdire et encore moins les supprimer. En effet, dès qu’il y a échange entre deux hommes, il y a marché, et dès qu’il y a prévoyance en vue de cet échange, il y a capitalisme.

Par contre, afin d’éviter que le marché oublie la qualité et que le capital néglige la dimension humaine, il ne sert à rien de nier l’un ou de condamner l’autre. Ce qu’il faut faire c’est les replacer l’un et l’autre dans des structures qui induiront le respect du qualitatif, de l’aspect immatériel des choses et des rapports humains. Il ne faut pas brûler le capital, il faut rendre sa valeur au capital humain. Il ne faut pas nier le marché, il faut y retrouver les critères de qualités humaines et subjectives qui sont prioritaires pour le bonheur de chacun et donc pour la justesse de nos échanges.

Il ne faut donc plus condamner farouchement la croissance, mais il faut  la contraindre au respect de critères de qualité, prioritaires sur ses appétits de quantité.

C’est là une des premières raisons d’être du BEFFROI.

(vote)
Loading...Loading...