Bonjour, et bienvenue dans le BEFFROI !

14 décembre 2009

Le beffroi de Bruxelles avant son effondrement, le 25 juillet 1714.

Inquiets pour l’avenir de notre pays en décomposition institutionnelle et morale,

inquiets pour la préservation de nos libertés: liberté d’enseigner nos enfants, liberté de travail, liberté d’opinion,  et celle de défendre les valeurs universelles qui forment le socle de notre civilisation;

nous avons créé le BEFFROI qui est un mouvement de pression, de réflexion, d’information et de formation.

La vocation du BEFFROI est de:

  • défendre la Belgique, la Monarchie et des institutions raisonnables,
  • dénoncer l’oligarchie particratique qui dénature notre régime parlementaire,
  • favoriser le travail productif, et donc contester la rage taxatrice paralysante et démoralisante, ainsi que les règlementations étouffantes,
  • remettre l’Etat et l’argent à leurs places respectives, d’arbitre et d’outil, face à un marché juste, libre et  (donc) transparent,
  • oser parler ouvertement de l’Islam et de l’immigration qui posent d’urgents problèmes  tant pour l’Europe que pour l’Afrique,
  • promouvoir la moralité et les vertus civiques, et dénoncer les dégâts de l’égoïsme hédoniste,
  • respecter les valeurs universelles, comme notre patrimoine culturel, défendre la famille et enfin la vie humaine, de la conception au décès naturel.

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Chers amis,

Si vous désirez que cette information et ces courriers parviennent à vos amis ou connaissances, vous savez qu’il suffit de nous transmettre leurs adresses électroniques.

Très cordialement donc,

pour le Roi, la Loi et la Liberté !

office@lebeffroi.eu



Entre relance et austérité : le travail !

14 mai 2012

Lors d’un débat télévisé récent au sujet du choix à la mode entre austérité et relance, un professeur de Solvay, bien connu pour son indépendance d’esprit et sa rigueur intellectuelle, précisait très à propos les prélèvements obligatoires moyens sur le salaire du travailleur. Les chiffres sont faciles à retenir : 30, 30 et 40. Le salaire brut que vaut le travailleur pour son employeur est amputé  à la source de 30 % d’impôts et de 30 % de charges sociales. Restent donc 40 % net de son revenu qui sont effectivement versés sur le compte du travailleur.

Mais sur ces 40 % net, l’Etat et d’autres pouvoirs publics ne se gênent pas pour prélever tout ce qu’ils peuvent. D’abord la TVA sur tout ce que nous achetons, puis les énormes accises sur le diesel ou l’essence et même sur le mazout de chauffage et les boissons alcoolisées, le précompte immobilier pour les propriétaires, ensuite toutes sortes de taxes sur nos activités, taxe sur les tv, les radios, et les ordinateurs, taxe sur l’eau, sur les autos et les parkings, (taxe dès que vous roulez et taxes dès que vous vous arrêtez ! )  etc. etc. A toutes ces perceptions il faut encore ajouter tous les frais administratifs obligatoires dès que vous avez le malheur de devoir passer par une administration. Bref, bien malin celui qui conserve au bout du compte, en libre pouvoir d’achat, le tiers du salaire de son travail.

Ces chiffres signifient tout simplement que nous nous offrons chez nous en Belgique, en pleine crise financière internationale, des « services publics » qui nous coûtent près de 70 % de nos revenus. En sommes-nous bien conscients ?

Quand des politiciens lancent sans plus la moindre pudeur démagogique qu’il faudra bien augmenter encore les perceptions, il faut être conscient qu’ils veulent donc s’en prendre à ces quelques 33 % qui nous restent.

S’ils étaient honnêtes ils devraient poser la question suivante : « chers concitoyens qui déboursez déjà les deux tiers du produit de votre travail pour payer les services publics, acceptez-vous de payer encore plus ? » Mais poser la question ainsi leur est insupportable alors ils condamnent ce langage et lui trouvent un anathème : c’est du simplisme populiste. ( Et là je me demande parfois quel est le plus simpliste des deux, mais passons.)

Ce qui fut très frappant tout au long du débat dont question au début de ce billet c’est que personne autour de la table n’a fait remarquer à aucun moment qu’entre « austérité aveugle » et « relance malgré tout », existait peut-être une troisième voie qui semblerait acceptable : celle de l’austérité ciblée. Celle de l’éradication des dépenses inutiles, des services inefficaces, des administrations importunes, des règlementations dispendieuses et superfétatoires et de tout le travail contre-productifs qu’ils exigent, tout comme le temps perdu et les coûts exorbitants qu’ils représentent.

Ici, nous pourrions évidemment citer des exemples sans fin mais nous préférons renvoyer le lecteur à sa propre profession, à ses propres expériences. Les obligations administratives ont littéralement explosé ces dernières années et ceci dans tous les secteurs d’activité dont principalement ceux qui touchent directement les citoyens et les familles, comme l’école, la police, la santé, l’emploi, la mobilité, l’urbanisme etc. Mais nous sommes certains que le lecteur est en train de penser à un exemple qu’il vient de vivre lui-même dans ses propres activités. Pas besoin d’en rajouter !  Dans chacun de ces cas, le coût économique est fait de l’addition du salaire de l’agent administratif, des pertes de temps et d’énergie qu’il occasionne pour ceux qui doivent lui répondre, des coûts et des manques à gagner que les obligations imposées provoquent directement et indirectement.

Il est pourtant simple de comprendre que nous n’avons dans notre petite Belgique, d’autre richesse que celle du travail de nos concitoyens. Il devrait donc être primordial de ne jamais concevoir une forme de règle ou d’intervention publique qui prendrait le moindre risque de décourager ou de gêner en quoi que ce soit la capacité de travail de chacun. Au contraire, chaque norme devrait contenir obligatoirement une forme de promotion, d’encouragement, si pas de récompense du travail et du travailleur productif.

Si nous prenons un peu de hauteur par rapport à nos soucis économiques, il saute aux yeux que ce qui manque à la Belgique et que nous devons encourager par tous les moyens c’est le travail productif. Si trop de Belges n’ont pas de travail, c’est parce que trop de Belges ont une fonction improductive si pas contre-productive qui, à nos dépends à tous, complique, freine ou étouffe le travail productif. Or le travail productif reste le seul moyen connu de créer du travail et donc d’en donner au plus grand nombre.

Quand un politicien déclare qu’il va « créer de l’emploi », il faudrait l’enfermer pour mensonge, tromperie et crime de démagogie aggravée. Jamais, je l’ai déjà écrit mille fois, un politicien n’a créé, ne crée ni ne créera, le moindre emploi.

Ce que peut, et doit faire le politique en ces temps de crise, c’est imposer une austérité maximale du travail improductif pour susciter, grâce au ballon d’oxygène qu’elle apportera au monde du travail, une vraie relance de celui-ci et, par lui, de toute notre économie.

Pascal de Roubaix.

Le bon mondialisme est celui de la… Proximité.

1 mai 2012

En ces jours de suspense électoral où nos voisins français jouent leur avenir, et donc un peu celui de l’Europe et le nôtre, on entend beaucoup de puissantes considérations sur ces « populistes » dont on guigne les voix et qui dénoncent le mondialisme et l’Europe, en pleurant sur une souveraineté perdue.

Il y a pourtant quelque chose d’extraordinairement vain dans l’attitude de ceux qui fustigent le mondialisme. Comment, en effet, ne pas considérer l’évolution formidable des communications qui a réduit la planète à la dimension de notre poche, comme un incontestable et fantastique progrès, pour le plus grand bien de l’humanité ? La dimension mondiale est aujourd’hui à la portée instantanée de chaque citoyen des pays développés et de chaque entreprise. Ce qui était encore un rêve délirant pour nos parents est maintenant un outil banal à la disposition de nos enfants. De cette mondialisation accélérée des échanges, découle une accélération mondialisée des progrès technologiques. On ne peut que s’en réjouir car les échanges et l’information sont aussi les premiers et les meilleurs gages de la paix.

Ceci dit, il est tout aussi incontestable que la manière dont certains utilisent les possibilités offertes par ces dimensions nouvelles pose question et que les barrières de protection que dressaient les nations avaient leur utilité. Le monde sans garde fou peut, à raison, inquiéter le bourgeois et les espaces de non-droit qu’il ouvre aux pirates du XXI ème siècle posent de douloureuses questions.

On peut sans doute reconnaître que la désorganisation des institutions et des marchés due aux libertés nouvellement ouvertes à chacun, permet, à ce jour, des abus inacceptables et que le droit, comme son respect, ont de la peine à suivre la rapidité des progrès en tout genre.

Par contre, le réflexe interventionniste malheureusement ancré dans les esprits auto-proclamés « démocratiques » ou « progressistes », tire de la crainte du chaos la justification de toutes sortes d’excès de normes nouvelles et de nouveaux « machins » (comme disait de Gaulle) aux lourdeurs liberticides tout aussi mondiales que les risques d’abus qu’ils prétendent contrer. C’est ceci qui permet aux démagogies simplistes de montrer la « mondialisation » du doigt et en faire le bouc émissaire de toutes les insatisfactions populaires.

Que ce soit l’interventionnisme de gauche ou le simplisme populiste, aucune des deux pistes ne me semble la bonne, toutes deux mènent à un déficit démocratique évident et à une inadéquation des structures à la volonté des citoyens. La solution, face à ces deux erreurs, ne me semble pas non plus devoir être trouvée dans un hypothétique « juste milieu ». Ce n’est pas en se situant à équidistance de deux erreurs qu’on se retrouve dans le vrai.

La solution est un projet nouveau qui doit garantir structurellement la « démarchie » (le pouvoir au peuple) que je préfère parfois à la « démocratie » (le pouvoir aux représentants du peuple).

Ce projet doit reposer sur un principe, un fondement structurel : la proximité.

Il faut ramener le pouvoir au plus près possible du citoyen adulte et responsable. Nous avons la chance que les progrès technologiques permettent ce rapprochement, cette décentralisation démocratique ; profitons-en plutôt que de les utiliser à toujours plus de centralisme, d’uniformisations et de standardisations.

Il faut donc mettre en application le principe de subsidiarité en favorisant à chaque échelon de pouvoir le plus local par rapport au plus central.

Le véritable choix politique, la réflexion première est donc  de déterminer « constitutionnellement » ce qui doit être confié au pouvoir public par rapport à ce que chaque citoyen, chaque famille, chaque association peut très bien réaliser en toute liberté. Et puis déterminer ce qui peut parfaitement être réglé par le pouvoir le plus local : la commune, la municipalité, qui doit conserver tout ce qu’il est possible de régler au niveau local. Puis ce qu’il faudra bien confier à un pouvoir plus large : provincial, régional, national, ou encore européen. Enfin ce que des traités doivent confier à des instances mondiales.

Pour que chaque échelon intermédiaire soit responsable et démocratique, quatre éléments me semblent indispensables :

  • un pouvoir politique précis,
  • un budget propre,
  • le pouvoir fiscal utile à ses missions,
  • un contrôle démocratique  de l’ensemble.

Prenons un exemple aujourd’hui caricatural : si vous comparez le statut de l’Europe « de Bruxelles » à ces critères, vous constaterez qu’elle ne répond à aucun des quatre :

1.  Ses compétences politiques sont parfaitement floues et elle s’occupe d’une multitude de matières dont on ne voit pas la justification.

2.  Elle ne dispose pas d’un budget propre défini en fonction de ses missions.

3.  Pas plus qu’elle ne dispose de pouvoir fiscal adéquat.

4.  Enfin le contrôle démocratique sur son action est d’une faiblesse inacceptable (pour un coût maximum !).

Il est facile de comprendre que, dans ces conditions, l’Europe ne peut pas fonctionner à la satisfaction du peuple qui, rappelons-le, est sensé être souverain.

Pour résumer notre pensée, nous dirions qu’il est temps que les nations renoncent à cette fameuse souveraineté qui n’est plus qu’un mythe à ce jour, mais qu’elles y renoncent non pas au profit de grands ensembles trop lourds et fatalement irrespectueux des spécificités de chacun, mais bien au profit d’un pouvoir de proximité qui ne concédera à plus large que lui, que ce qui est indispensable pour le bien commun.

Nous voulons rendre le pouvoir à chaque citoyen par la proximité du pouvoir public.

Nous voulons reconstruire la Belgique et l’Europe sur l’autonomie du Beffroi.

Pascal de Roubaix.

Qui a peur de la liberté ?

10 avril 2012

Devant les drames découlant des crises successives que nous traversons, suite aux pénibles dégradations de notre bien-être à tous, et à la perte de confiance inévitable vis-à-vis des systèmes qui n’ont pu nous les éviter, la tentation est forte de désigner un coupable, un bouc émissaire.

J’entends ainsi de doctes avis, je lis aussi de puissantes réflexions qui ne peuvent s’empêcher de désigner le libéralisme à l’opprobre public. Et ils le qualifient d’« ultra » comme l’oncologue qualifie de « maligne » la tumeur qu’il a découverte. Puisque l’origine des premières métastases a été trouvée dans de vicieux crédits bancaires, ils ne peuvent être que la conséquence de la trop grande liberté des marchés et puisque l’extension de la crise s’est faite à travers les marchés financiers pour ébranler les Etats eux-mêmes en dénonçant l’obésité de leurs dettes souveraines, il ne pouvait y avoir d’autre fautif : haro sur le libéralisme, l’ultra libéralisme ! Ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal.

Vous avez déjà compris que je ne partage pas du tout ces jugements qui me semblent tout simplement aveuglés par d’indécrottables séquelles idéologiques.

Je pense que la vérité est tout juste le contraire et que ces crises en cascades sont la conséquence d’un manque dramatique de responsabilité des intervenants et donc de libéralisme bien compris et de liberté véritable pour tous.

Reprenons les débuts du cataclysme et le fameux pot au rose des « subprimes ». Ici les choses sont très simples : jamais un seul de ces crédits pourris n’aurait dû être accordé. Il se fait que le crédit hypothécaire fut mon premier métier et je vous jure qu’à l’époque (pourtant pas si lointaine ! ) je n’aurais tout simplement réussi à faire passer aucun de ces crédits devant le comité de notre bonne « Caisse hypothécaire anversoise ». Les capacités de remboursement des emprunteurs étaient le premier critère qu’une bonne déontologie nous imposait.

En poussant les sociétés de crédit à accorder des prêts à tous ces citoyens qui n’en avaient pas les moyens, les autorités américaines, pour des raisons électoralistes, ont tout simplement faussé le marché. Et un marché faussé, c’est juste le contraire de ce qu’exige le libéralisme. Si ces crédits « titrisés », c’est-à-dire transformés en valeurs virtuelles, ont pu être « fourgués » à des organismes européens, ce n’est pas non plus dans un marché transparent mais dans des opérations où les espoirs de profits factices et les considérations politiques ont, là aussi, faussé le marché. Et un marché faussé, répétons-le, c’est juste le contraire de ce qu’exige le libéralisme.

La première origine de l’ensemble des secousses financières que nous avons subies depuis lors, est donc un complet défaut de bonne et saine transparence des marchés, c’est-à-dire à un complet défaut de libéralisme.

Dans ce contexte il est facile de comprendre que le second chapitre de la crise, celui qui est le plus inquiétant pour nos dirigeants, celui des « dettes souveraines », est encore bien moins imputable au libéralisme. Si nos Etats se sont permis des endettements démentiels, c’est précisément après que les progrès enivrants des années soixante aient permis au socialisme de mettre à la mode de fumeuses théories parfaitement irresponsables qui préconisent l’endettement pour assurer l’avenir.  Nous payons aujourd’hui encore cet aveuglement idéologique et le mensonge social qu’il commet chaque jour (lisez les programmes et les promesses des candidats de gauche aux élections françaises et vous aurez autant de versions 2012 de cette arnaque démagogique dans laquelle se laissent prendre encore et toujours un trop grand nombre de citoyens). Qui oserait prétendre qu’il n’y a pas là une volonté politique affirmée d’intervenir sur le marché ? Que ce n’est pas un défaut de responsabilité, et donc de liberté véritable, qui est à l’origine des dettes souveraines ? Un véritable libéralisme, c’est-à-dire un système transparent qui permet de par sa structure de mettre les responsabilités en évidence, aurait valu à nos économies de faire celle de ces dettes incommensurables. Hélas, elles sont une conséquence directe de la démagogie des politiques de gauche et de la faiblesse coupable de tous les autres qui ont préféré éviter la responsabilité de les dénoncer. Il nous reste à en payer le prix qui limite drastiquement aujourd’hui les moyens d’une liberté à laquelle plus d’une génération devra se contenter de rêver.

Mais revenons un instant si vous voulez bien sur cette expression d’« ultra libéralisme » qui contient une condamnation évidente et sans appel. Comme toujours, la guerre pour le pouvoir socio-politique passe par les mots, et celui-ci en est un des plus pervers. En effet, il contient implicitement une mise en garde qui dit : « attention, le libéralisme est la porte ouverte sur une jungle où règne la loi du plus fort, celle de l’ultra libéralisme ».

Or il est facile de comprendre que là où il y a « jungle » il n’y a plus de marché serein et transparent, tous les coups sont permis, la liberté des intervenants est réduite à leur habileté à les éviter, et le libéralisme a disparu. L’ « ultra libéralisme », en ce sens, est une impossibilité, une « contradictio in terminis ». Mais cette expression permet à tous les démagogues d’exploiter nos fibres judéo-chrétiennes culpabilisées par l’appât des biens matériels, mais pour lesquelles aussi la liberté de l’autre est un risque de le voir s’emparer des miens.

Ce qui me chagrine le plus c’est d’entendre certains catholiques abonder dans cette crainte. Or je crois que le fondement de la liberté personnelle est dans le don que nous en a fait Dieu et que sans le Christ, sans « la brebis perdue », sans « l’ouvrier de la dernière heure », sans « l’enfant prodigue », sans le « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ni la liberté véritable, ni a fortiori le libéralisme, n’auraient vu le jour.

« N’ayez pas peur » n’était-elle d’ailleurs pas l’expression favorite d’un tout grand pape qu’ont honni et honnissent encore à travers son œuvre et celle de son magistral successeur, tous ceux qui se réclament du progressisme ?

Pascal de Roubaix.

L’Etat cancer.

27 février 2012

S’il est un thème central dans les politiques exigées par la gestion de la crise financière que nous traversons, c’est celui de l’(in)efficacité des sacrifices imposés pour y répondre.

Notre système actuel, construit sur l’interventionnisme qu’exigent les politiques de la particratie, est obligé de rançonner les Belges.

Nous pouvons d’ailleurs commencer par constater  qu’il augmente sans cesse, pour ce faire,  le nombre des agents du fisc. Il faut savoir qu’à ce jour, notre ministère des finances compte, à lui seul, plus de 26.000 agents. Ajoutez-y les sbires régionaux, les innombrables préposés communaux et provinciaux qui s’occupent de percevoir vos sous à tout propos, et enfin tous ceux qui, dans les autres administrations, cultivent et récoltent les charges dites sociales et parafiscales de tous ordres, et vous constaterez avec moi qu’ils forment une armée bien plus nombreuse que notre malheureuse défense nationale qui ne peut plus compter aujourd’hui que sur un contingent (encore contesté) de 33.700 hommes ! Il y a donc, à ce jour dans notre pays, bien plus de fonctionnaires en charge de faire payer le Belge que de soldats pour le défendre.

Intéressant constat !

Par ailleurs vous noterez que, dès qu’il s’agit de diminuer les dépenses publiques, interviennent des cohortes de clients du système et autres économistes stipendiés, pour hurler comme gorets qu’on égorge, et pour brandir le spectre fatal de la récession, à défaut de relance par la consommation des ménages. Ces gens-là vous expliquent sans rire qu’il faut augmenter les recettes publiques (entendez les impôts, les taxes et les autres prélèvements) et prendre ainsi l’argent de tous pour le donner… à tous (sauf aux salauds de riches bien entendu) afin de relancer notre consommation et donc l’économie. N’étant pas économiste je n’ose évidemment pas porter de jugement sur ce curieux tour de passe-passe. Je me contente simplement de ne pas lui faire une confiance aveugle tant que je ne le comprends pas.

Ce que je comprends par contre tout à fait bien c’est que, quand les gens qui vivent du système prétendent qu’en matière de réduction des dépenses publiques « on est arrivé à l’os », c’est qu’ils comprennent que cet « os » n’est rien d’autre que leur ordinaire à eux. Et ils n’ont pas tort. Il est évident en effet, pour l’observateur de bon sens, que ce qui fait problème n’est pas seulement la gourmandise de l’Etat, son premier péché, mais aussi et surtout la mauvaise graisse accumulée par notre système et l’usine à gaz qu’il est devenu en multipliant rôles et fonctions, depuis les illusions de l’époque des trop glorieuses années soixante.

Il fut un temps où des gestionnaires très sérieux conseillaient à chacun, envers et contre la sagesse la plus élémentaire, de s’endetter sans hésiter afin… de s’enrichir !  Cette calamiteuse école de l’irresponsabilité, deuxième péché de l’Etat moderne, permit aux pouvoirs publics de financer par l’emprunt les politiques socialistes les plus folles, et l’Europe tout entière succomba à cette tentation de démagogie trop facile qui promet toujours plus à l’électeur, en imposant toujours plus le contribuable. Notre malheur veut que l’électeur ne semble pas souvent comprendre qu’entre lui et le contribuable, il n’y a pas de différence, et qu’au passage, son bel argent nourrit les cohortes de ceux qui le lui prennent pour mille bonnes raisons. C’est ainsi que se sont formées des montagnes de dettes publiques démentielles, et si les astuces des financiers, développées depuis les années nonante pour en multiplier artificiellement les volumes de façon totalement irresponsable, ont été suivies avec enthousiasme, c’est encore et toujours au même type d’aveuglement que nous le devons.

Mais ce résultat calamiteux a une troisième dimension. Au-delà de sa gourmandise naturelle, au-delà des dettes faramineuses et de son irresponsabilité structurelle, il y a plus grave encore : c’est le péché de démagogie interventionniste. Depuis ces mêmes décennies, une démagogie à faux nez social et sécuritaire a développé, chez nous, un cancer administratif et règlementariste qui développe chaque jour de nouvelles métastases.

Le mal consiste à confondre systématiquement la gestion et la réglementation. Le politique, poussé dans le dos par les idéologues socialistes et aujourd’hui par les dogmes de l’écologie, s’introduit partout et règlemente tout, jusqu’aux gestes les plus privés de la vie des familles. Le drame veut que ce règlementarisme trouve aisément dans le peuple tous les collabos nécessaires. Dans chaque profession, dans chaque activité, partout, des citoyens voient leur intérêt personnel à exiger une nouvelle règle, un nouvel interdit et surtout, à s’en faire reconnaître gardien. Comme il est bon de contrôler le travail des autres, plutôt que de travailler soi-même ; comme il est facile de justifier un rôle inutile dès qu’une règle vient l’imposer !

Les conséquences de ce mal endémique sont incalculables :

§        Il paralyse tout d’abord les velléités d’entreprise à tout niveau : entreprendre, engager, construire ou rénover, sont devenus chez nous autant de calvaires.

§        Il encrasse les rouages de toutes les professions par des exigences administratives démentes. Les professions les plus précieuses pour la société, comme la police, le secteur médical et l’enseignement, sont sans doute celles qui en souffrent le plus, mais toutes sont touchées.

§        Il atteint enfin le cerveau pour entrer dans les mentalités où il étouffe le sens de la responsabilité et ainsi la véritable liberté. Nous sommes repassés en quelques décennies d’une société où la liberté était un a priori, où tout ce qui n’était pas interdit était autorisé, à une société de l’interdit, où le peu qui n’est pas encore règlementé est suspect et ne perd rien pour attendre.

Il n’est pas difficile de comprendre que ce mécanisme qui institue l’irresponsabilité comme mode de gestion a déteint sur les consciences personnelles et qu’aujourd’hui, pour le plus grand nombre, le bien et le mal n’est plus une question de conscience ; est bien ce qui est  légal et conforme, et mal tout ce qui ne l’est pas.

Face à un tel constat, nous ne pouvons que proposer une fois de plus non pas une réforme, mais bien une véritable révolution du système au sens mécanique du terme.

Nous ne croyons pas le système adaptable par quelques réformes qui le laisseraient fonctionner un peu moins mal plus longtemps. Nous croyons qu’il faut renverser les processus. C’est-à-dire qu’il ne faut pas « essayer de faire des économies », il faut repartir d’une feuille blanche et décider de ce que l’Etat doit faire et de ce qu’il peut encore faire en fonction des moyens que nous acceptons de lui donner.

Il faut aussi déréguler selon le même principe : repartir de zéro. Puis ne remettre en vigueur que les règles indispensables et les organismes qui prouvent leur efficacité économique et sociale, les autres doivent être mis en liquidation sans délai ni regret.

Il est évident que le ballon d’oxygène économique et social que provoqueraient de telles mesures fera bien vite oublier les sacrifices ponctuels qu’il aura exigés temporairement.

Les prudents nous accuserons d’idéalisme, et ils auront raison, mais devant l’état du délabrement que nous constatons tous les jours, nous le prenons comme un compliment, car seule une dose énorme d’idéalisme permettra de venir à bout de ce cancer qui ronge notre pays comme toute l’Europe.

Pascal de Roubaix.