Un « Be.Party » pour la Belgique ?

Début octobre dernier, nous disions déjà notre lassitude face à l’incapacité de nos particrates les plus chevronnés à mettre en place un nouveau gouvernement faute d’un projet pour la Belgique.

« Dénoncer les blocages, n’est-ce pas un peu facile ? » avons-nous entendu une fois de plus. Cette remarque qui revient comme un refrain, n’est pas fausse, mais nous semble particulièrement injuste à notre endroit, nous qui n’avons de cesse, depuis des années, de risquer notre crédibilité dans des pistes, des propositions et des options qui ne nous valent pas que des amis, tout en nous mettant d’office au ban de la Particratie, des médias, et donc des cercles de pouvoir.

Mais nous n’allons pas baisser les bras pour si peu et s’il faut répéter nous allons répéter et répéter encore : il y a des solutions pour sortir des blocages de notre système, mais ces solutions impliquent des remises en cause qui ne seront pas agréables à avaler pour ceux qui sont à l’origine du grippage actuel.

Nous allons donc tenter, ici et maintenant, en ce début 2011 et en guise de vœux pour cette année nouvelle, un petit résumé de ce qui, à nos yeux, sont des pistes pour remettre ce pays sur les rails du bon sens et de la prospérité.

Sur le plan institutionnel d’abord (puisque c’est, semble-t-il, celui qui fâche le plus),  notre maître mot sera : Autonomie.

Si l’on veut le bien de chacun dans des structures politiques qui favorisent le meilleur fonctionnement possible, la question à se poser n’est pas : « qu’allons nous céder ou ne pas céder au camp d’en face ? » Il ne s’agit nullement de savoir qui va gagner ou qui va perdre, ni si « les Flamands » ceci ou « les Wallons » cela.  La bonne question, le véritable enjeu politique est : «A quel niveau de pouvoir faut-il confier la compétence dans ces matières-ci ou dans ces matières-là, de manière à ce qu’elles soient le mieux gérées possible ? » Et ceci sans tabou ni a priori.

Exemple très facile : les communications aériennes ! Il saute aux yeux que les avions ne peuvent être efficaces, sûrs et rentables, si leurs déplacements ne sont pas réglés par un code mis en place, accepté  et suivi par des instances supranationales. La Belgique et même l’Europe cèdent donc à celles-ci la part nécessaire de leurs souverainetés.

Autre exemple, à l’autre extrémité des institutions : il semble prouvé que la meilleure police pour la sécurité des foyers soit celle de proximité. Il est donc indispensable que le pouvoir local en conserve l’organisation. Etc…

Dans l’exercice de réflexion que doit faire la Belgique au sujet de la viabilité de ses structures, l’application du principe de subsidiarité nous semble essentielle : Il ne faut confier à des institutions « supérieures » que ce qui ne peut objectivement pas être géré en toute autonomie par le citoyen et les pouvoirs les plus proches de lui. En ce sens il est tout à fait primordial que les pouvoirs communaux soient très largement remis à l’honneur. (« La Belgique est terre de beffrois », nous ne le répéterons jamais assez). Les technologies modernes doivent, en ce sens, être mises en oeuvre pour favoriser les autonomies réelles, et non pour faciliter, comme à ce jour, un centralisme administratif déshumanisant.

Par ailleurs, un principe d’économie tout autant que de responsabilité et de bonne démocratie nous semble devoir être qu’à chaque compétence soit joint le pouvoir d’en prélever les moyens. La responsabilité fiscale doit ainsi épouser totalement les lignes de la responsabilité politique (Ceci signifie une véritable révolution par rapport à notre centralisme fiscal, aujourd’hui injustifiable)

Quant à la répartition des pouvoirs : au lieu de conforter sans cesse ceux des partis politiques et de leurs dirigeants (qui échappent à tout contrôle démocratique alors qu’ils décident de notre avenir à tous), il est plus qu’urgent de restaurer des formes de contre-pouvoirs réels.

Il faut restaurer les pouvoirs constitutionnels du Roi au lieu de chercher à les réduire subrepticement (au profit des présidents de partis)

Il faut libérer d’urgence nos élus de la mainmise des partis et ceci à tous niveaux : Les parlementaires doivent récupérer leur pouvoir législatif, tout comme les assemblées des autres niveaux, jusqu’aux conseils communaux.

Il ne faut pas diviser mais restaurer l’indépendance de la Justice et lui donner les moyens de fonctionner.

Enfin, il est grand temps de définir le cadre dans lequel la population doit être consultée directement, puisque, dorénavant, la technologie permet (contrairement à 1830 où il fallait trois jours pour traverser la Belgique) de connaître instantanément l’avis du peuple sur tous les sujets à sa portée.  Gageons que nos géniaux constituants y auraient pensé si les circonstances matérielles de l’époque l’avaient permis comme à ce jour.

En matière économique et sociale :

C’est la valeur « travail » qui doit être au centre, selon nous.

Le travail qui crée de la richesse, qui se développe et qui appelle un autre travail qui à son tour etc…

Tant que nous continuerons à parler et à mesurer notre activité économique en termes de « partage de l’emploi », et non de promotion, de « culture » du travail de chacun pour chacun, nous n’avancerons pas.

La démarche, ici, consiste à notre sens, à cultiver le travail, en le libérant d’un maximum d’entraves, en le récompensant, afin qu’il crée d’autres besoins de travail qui en créeront d’autres; tant il est vrai que la seule manière de créer du travail c’est… de travailler.

Ici aussi les termes d’autonomie et de responsabilité personnelle sont essentiels. Ici aussi les technologies nouvelles doivent être utilisées pour libérer, pour responsabiliser et non pour centraliser et contrôler. Il est largement prouvé aujourd’hui qu’en matière « d’emploi » la contrainte est inefficace, qu’elle détruit les initiatives et décourage les projets indispensables au développement.

Dans cet esprit également le pouvoir public doit mettre un point d’honneur à limiter au maximum les activités organisées ou les tâches exigées qui ne sont pas créatrices de richesses. La seule manière de réaliser les indispensables et gigantesques économies qu’exige la situation financière actuelle, nous semble être de pourchasser sans répit toute activité qui, directement ou indirectement, ne crée pas de richesse, ou pire, toute exigence administrative qui détourne les énergies, freine le travail et entrave donc la production de nouvelles richesses.

Il est évident que cette liberté ne sera acceptable (et véritable) que si elle est accompagnée d’éducation aux valeurs, à la pratique, dans nos relations sociales, des vertus qui doivent baliser nos actions, au risque d’un retour rapide à la jungle et à la loi du plus fort. Pour que fonctionne le marché, pour qu’il régule efficacement nos échanges, il est indispensable qu’y prédominent l’honnêteté et la transparence.

Qui ne voit que ceci ne peut fonctionner sans une remise à l’honneur de l’éducation ?

Le bien-être ne peut exister sans respect des valeurs universelles. Celles-ci s’apprennent au sein de la famille et de l’école, et nous rendent libres: le sens de l’autre, de l’égale dignité de chacun, de la vérité, du devoir, de la responsabilité, du service, du don de soi, de la générosité et, tout simplement de l’échelle du bien et du mal.

Mais pour que tout ceci soit possible, le premier devoir des pouvoirs publics est d’assurer la sécurité du pays et de ses citoyens.

Curieusement, ce sujet, central en politique, n’est apparemment effleuré que de temps à autres par les caucus sans fin dans lesquels ces messieurs dames s’enlisent à plaisir, pour savoir comment ils pourraient envisager l’amorce de négociations en vue de la formation d’un éventuel prochain gouvernement. Comme si de ce point de vue tout était simple et tranquille.

Or, en cette matière, la Belgique comme toute l’Europe est confrontée depuis quelques années à un double problème d’une ampleur et d’une nature jamais connues tout au long de notre histoire.

Nous voulons parler de l’immigration incontrôlée et de l’islamisme ultra.

Aucun responsable un tant soit peu éclairé ne peut nier qu’il s’agit là de deux questions connexes qui représentent ensemble, une bombe à retardement socio-politique suffisante pour anéantir en quelques années tout l’édifice européen d’une part, et d’autre part, les fondements même de nos institutions et des valeurs (chrétiennes) qui forment le socle de nos libertés.

Pour l’instant les pouvoirs publics se contentent d’être débordés, et un minimum de décence dans l’accueil est assuré par des associations de bénévoles et par des églises qui essaient, vaille que vaille, de faire face aux situations les moins acceptables. Mais ce n’est pas par du bricolage, aussi généreux soit-il, que nous ferons face à ce tsunami de misère qui risque bien de submerger l’Europe que nous laissons à nos enfants.

Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, le Beffroi a des pistes à proposer et ose en suggérer l’étude. Mais cette attitude, pourtant réfléchie et sans a priori d’aucune sorte, est déjà trop audacieuse pour les despotes hésitants qui occupent le pouvoir oligarchique de notre Particratie, sans autre ambition réelle que de s’y maintenir, eux, leurs enfants et leurs proches.

Pour dynamiser nos options nous nous demandons s’il ne faut pas que notre mouvement se développe dans la multiplication des Beffrois, de ce qu’on pourrait appeler des « Be.party » (1).  Quand la classe dirigeante fait défaut, n’est-il pas normal que le citoyen reprenne la main ?

(1)    Sans analogie volontaire aucune, bien entendu J, avec ce curieux mouvement féminin ultra conservateur qui fait la une aux USA.

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