Pour reconstruire l’éducation.
anniv. Cruysmans 06.2008 057

 

De très jeunes filles s’en prennent à un voisin retardé mental pour lui voler son argent, et lui font subir de véritables tortures, et voilà un exemple terrifiant de plus, qui nous trouve désarmés.

Des policiers ou des chauffeurs de bus, des enseignants surtout, et même l’ensemble des habitants de certains quartiers, sont excédés et profondément meurtris par les exactions de plus en plus violentes commises par des enfants. Les juges, devant qui ils passent, sont débordés tant par le nombre d’affaires que par la totale indifférence dont ces jeunes font preuve à l’égard d’une quelconque autorité, comme à l’égard des conséquences de leurs actes; ils se montrent dénués du moindre sens moral, et vivent dans une grossièreté primaire, sauvage, sans limite.

Mais si ces exemples touchent à un certain paroxysme, il ne faut pas aller aussi loin pour voir des enfants à l’aspect « normal » se conduire sans aucun respect pour quoi que ce soit, livrés à eux-mêmes, sans la moindre contrainte ni discipline ni, bien entendu, la moindre punition ou réprimande.

Aujourd’hui, le bourgeois se demande comment il est possible d’en être arrivé là. Nous aurions plutôt tendance à dire qu’il n’y a rien d’étonnant à ce résultat tant il était prévisible, et que l’amplification de ces phénomènes pour quelques années encore, est, hélas, une certitude.

C’est qu’il y a des années que tout a été mis en place pour déstructurer les bases même de notre tissu social : l’éducation, la famille, l’autorité et les valeurs universelles sur lesquelles ces piliers se fondent. Systématiquement, avec une rage destructrice jamais prise en défaut, notre système a tout mis en œuvre pour casser le mariage et la famille, pour saper toute tentative d’éducation, toute forme d’autorité ou de règle de conduite, et pour nier ou même ridiculiser tout simplement les vérités portées par les vertus et les valeurs morales les plus élémentaires. Dans une société qui relativise tout, à commencer par les repères premiers de l’honnête homme, en ne respectant que le matérialisme le plus sordide, le plus vulgaire, comment s’étonner que des enfants cassent pour casser, blessent pour blesser et s’entretuent pour un gadget ?

Dans une société où le père ne peut plus être un homme, où la mère ne peut plus être une femme, comment s’étonner que les enfants ne soient plus des enfants ?

Face à cette catastrophe humaine et sociale dans laquelle l’immigration ajoute ses dimensions de peur, d’incommunicabilité et puis de haine et de fanatisme, les « progressistes » qui prétendent nous gouverner multiplient les hésitations entre la tolérance zéro et l’encadrement lénifiant, la répression et la mansuétude, les règlementations de tous ordres et l’abandon général.

En s’attaquant ainsi aux conséquences ou en essayant de les amoindrir, les pouvoirs publics avouent implicitement leur absence de volonté ou à tout le moins leur incapacité à s’attaquer aux causes.

C’est que les causes condamnent les politiques menées depuis des lustres.

Elles sont évidentes comme le nez au milieu de la figure mais indicibles pour eux. Elles sont dans la dislocation (voulue) de l’équilibre affectif familial, dans la négation (explicite) de l’autorité parentale, comme de celle du maître, et de sa vocation qu’ont tuée les théories pédagogiques irresponsables. Elles proviennent des parents par intérim d’enfants rois privés d’enfance, ballottés entre les images d’une société virtuelle faite à la fois de guimauve et de sang, de pornographie et de sensiblerie, et la réalité des rythmes fous, du matérialisme sordide et de la faiblesse despotique de toute notre Europe décadente.

Devant un tel constat de délabrement et de ses conséquences de plus en plus généralisées, la seule attitude qui nous paraisse responsable est la restauration.

Il n’est plus temps de se vouloir conservateur puisque tout est en ruine.

Il est temps de reconstruire. Il faut retisser la trame même de notre tissu social, celle de l’éducation au sein de l’irremplaçable cellule affective de base qu’est la famille.

Nous refusons le chaos et l’égoïsme social qu’il provoque inévitablement. Nous voulons reconstruire pour les générations nouvelles, le lieu par excellence de l’apprentissage, du respect de l’autre et de sa place, du sens du service, des convenances sociales, de la hiérarchie des valeurs et du don de soi. Cet apprentissage-là s’appelle l’éducation et ne peut se donner que par amour car il exclut l’égoïsme. Il est la responsabilité des parents, et la société doit donc, en toute priorité, être organisée pour les y aider.

C’est dans ce sens que le Beffroi cherche les moyens de restaurer, à total contre courant, une politique dont le premier souci doit être la famille et la solidité de cette cellule sociale de base. Sans doute sera-t-elle toujours imparfaite, mais elle est irremplaçable.

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