Le « NON » peut être une leçon.
minautorethesee

 

Je crois que si plus de 60 % des grecs ont suivi un parti d’extrême gauche dans le non au référendum ce n’est pas par haine des « financiers internationaux » et de « la troïka européenne », et ce n’est pas non plus par volonté de continuer à vivre dans un pays dont la gabegie est la loi fondamentale.

La majorité des grecs est plus que probablement faite de gens raisonnables comme la majorité des autres peuples d’Europe. Et pourtant ils ont voté non ! Et pourtant ils ont fait un triomphe à un leader populiste d’extrême gauche dont le programme politique n’est pas le leur.

En essayant de comprendre ce résultat je me suis surpris moi-même à avoir une certaine sympathie pour ces gens qui ont eu l’audace de répondre non. Pour déraisonnable que ce soit, ils ont préféré répondre non…par fierté. Et moi, la fierté je ne puis pas ne pas la trouver sympathique.

Je pense même que ce résultat de referendum est une leçon de première importance pour l’Europe. C’est que, malgré tout ce que pensent les technocrates sans âme, et malgré tous ceux qui rêvent qu’on puisse soudain décréter que l’Europe est un seul et même pays, en en oubliant les composantes nationales, malgré donc l’UE telle qu’elle est perçue à Bruxelles, la seule vraie Europe est composite.

Si les Grecs ont voté non ce n’est pas par refus des sacrifices et ce n’est pas pour conserver des privilèges, si les Grecs se sont cabrés c’est parce qu’ils se sont sentis humiliés, méprisés et tenus pour quantité négligeable. Les plus hautes autorités européennes ont eu à l’égard de leur pays des propos injurieux (stupidement injurieux) en oubliant cyniquement que la Grèce est, avant tout, la racine la plus profonde de l’Europe. Quand on méprise une nation, quand on l’humilie dans les médias, il ne faut pas s’étonner qu’elle se froisse. Les dirigeants européens ont réussi à faire honnir « leur » Europe par le peuple qui fut la toute première composante historique de l’âme européenne !

J’aimerais que l’Europe en tire la leçon qui est essentielle : la richesse de l’Europe est d’être une, par les fondamentaux de sa civilisation, et en même temps d’être multiple, dans ses cultures, ses langues et ses peuples. Il faut donc accepter et respecter cette diversité et celle-ci doit concéder à un pouvoir central ce qui d’évidence ne peut plus être géré efficacement au niveau national. C’est l’Europe de la subsidiarité qui seule me semble jouable.

Que l’électrochoc du refus grec puisse servir cette cause et il aura été un bénéfice essentiel pour l’Europe réelle qui doit encore naître.

 

(vote)
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