Ne vous en faites pas trop pour la Belgique.
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Monsieur De Wever en fait des tonnes, et ça marche !

Il est évident qu’à l’exception de quelques duels sanglants entre tyranneaux locaux qui amusent beaucoup la galerie postélectorale et qui écornent les images de politiciens qu’on croyait plus dignes, les élections communales et provinciales n’offrent que peu de prise au « poids des mots et au choc des photos » auquel semble vouloir se réduire de plus en plus le journalisme politique de ces dernières années.

Pour celui-ci, la victoire (parfaitement attendue) de la NVA était donc pain bénit et l’alarmisme catastrophiste le plus racoleur a pu jouer à fond en recevant un merveilleux grain à moudre : comment la Belgique allait-elle se relever au lendemain de cette nouvelle conquête du nationalisme flamingant ?

La réponse est assez claire : la NVA a confirmé au niveau local ses succès antérieurs au niveau national et régional. Qui est-ce que ça étonne ?

Une analyse rapide des résultats nous indique par contre que le raz-de-marée que certains prédisaient (espéraient ?) ne s’est pas réalisé. Bien au contraire, les partis sociaux-chrétiens, sociaux-démocrates et écologistes se sont mieux défendus que certains ne le craignaient.

Par contre la puissante extrême droite est épongée à plus de 50% par la NVA, et les libéraux lui cèdent de trop belles plumes.

La NVA est donc aujourd’hui, incontestablement, un parti musclé, très puissant sur la droite de l’échiquier flamand. Elle a littéralement aspiré à elle les voix des flamingants frustrés ou fatigués par les positions nauséabondes du VB. Elle pratique avec succès un sous-nationalisme bien plus intelligent que celui des nostalgiques du pangermanisme.

Plus intelligent, mais aussi beaucoup plus ambigu ! Les études montrent en effet que plus de la moitié de son électorat ne désire absolument pas le séparatisme ni la fin de la Belgique.

Et c’est la première faiblesse de sa position : s’il se laisse aller à trop de mépris pour cette Belgique qu’il déteste, il risque de perdre ceux-ci qui retourneront aux partis traditionnels, et s’il reste trop « belge » il sera un jour remis à sa place par les malades du sous nationalisme le plus cornichon mais le plus nuisible.

Deuxième faiblesse : il va devoir gouverner réellement à Anvers et dans d’autres villes et sortir donc de l’incantation pour faire des choix et les mettre en application. Bref, finie la démagogie, il ne pourra plus plaire à tout le monde.

Troisième faiblesse :  construire un parti ne se fait pas en quelques années, et s’il n’est pas cimenté sur une base philosophique et idéologique claire, son développement devient vite son pire ennemi.  Or la NVA n’est pas construite sur des options philosophiques vérifiables, mais bien sur une sorte de mythe de marche vers l’indépendance d’un pays qui n’a jamais existé dans l’histoire. Elle rassemble fatalement des gens aux options hétéroclites dont un pourcentage non négligeable de purs opportunistes. Bref elle risque fort de se construire sur du sable.

Nous pouvons ajouter deux éléments à ceci :

1° Ce dernier scrutin a encore renforcé la représentation francophone dans les 19 communes et même dans tout le grand Bruxelles, ce qui en fait, plus que jamais, l’obstacle institutionnel majeur aux velléités indépendantistes.

2° La crise financière et des dettes souveraines, fait de la dette publique abyssale de notre pays le meilleur obstacle à son éclatement.  Celui-ci serait en effet un élément de fragilisation tel qu’il ruinerait la bonne tenue actuelle de notre pays et chacune des composantes séparées, à commencer par la Flandre.

En résumé il faut donc constater que ces élections n’ont pas changé grand-chose à la donne belge et que le pays s’est plutôt éloigné de son éclatement qu’il ne s’en est rapproché.

Pascal de Roubaix.

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29 commentaires à propos de “Ne vous en faites pas trop pour la Belgique.”

  • Raeymaeker-charpentier

    Très bon article.
    Permettez-moi une remarque : la NVA souffre d’un vice
    qu’elle partage avec la pseudo “Communauté européenne”.
    Celle-ci aurait eu une excellente chance au départ, car de Gaulle
    et Adenauer, qui étaient encore des sages, la fondaient
    implicitement sur ce que les Français et les Allemands avaient
    en commun de plus profond, à savoir leur culture chrétienne,
    qui avait été bafouée lors des deux conflits , et de leurs tristes
    antécédents.
    Il était alors entendu que “l’intendance devait suivre”.
    Hélas , leurs successeurs ont commis deux fautes rédhibitoires,
    la première étant l’intégration absurde d’Etats farouchement
    nationalistes, toujours plus nombreux et concurrents.
    Bref, le mariage solennel des grosses carpes et des petits lapins.
    La deuxième illusion, pire encore, fut de tout fonder sur une monnaie
    commune, censée jour un rôle unificateur.
    On voit aujourd’hui ce qu’il en est.
    Or Bart, pourtant manifestement intelligent,
    commet une erreur analogue, en mettant en tête
    la question des finances, en l’absence de tout
    programme autre qu’un séparatisme jaloux,
    fondé sur l’argument démagogique de la Flandre
    ruinée par le foutoir wallon.
    Comme dans le cas de l’Europe-punie, il y a là
    un fâcheux oubli de l’histoire, car au cours des
    deux derniers siècles, c’est la Wallonie industrielle
    qui enrichissait l’ensemble de notre pays.
    Connaissant bien les merveilleuses origines
    chrétiennes de notre beau pays, je sais
    d’instinct qu’il n’est pas destiné à une
    désintégration banale, car il est protégé
    par des forces fort transcendantes à
    celles du NATO !
    Pardonnez-moi d’avoir été long, et
    continuez comme ça…
    Amitiés à tous
    Charpentier

    P.S. Etant incompétent sur le plan strictement financier, je vous recommande
    le très bon blog de Bruno Colmant, professeur à l’UCL.

    • Jean-Pierre Richard

      Pardon, monsieur Charpentier.
      Êtes-vous cet André Charpentier qui a “passé toute ma jeunesse en compagnie de ce grand homme” en parlant de G K Chesterton?

      Si oui, j’aimerais bien échanger avec vous sur Skype, mon ID: jprich3
      Je suis au Canada
      Avec toutes mes salutations!

  • André Raeymaeker-Charpentier

    Et voilà… Comme il était prévisible, la RTB, après s’être prétendument distanciée de cette canaille, revient à son vomissement, (voir la Bible). Ce dimanche, elle nous offre donc une critique “objective” de son “oeuvre”, d’où il ressort qu’il s’agit d’un bon livre, d’un livre intéressant. Jugement appuyé avec enthousiasme par son caricaturiste Kroll, ce bouffon promu désormais maître à penser de notre chaîne “nationale”, et invité à déverser la bave de sa dérision sur toute chose connaissable, et sur quelques autres.

    Les chiens ne font pas des chats…

  • Flicka Cattoir

    Tout ça c’est TB, mais ce qui me fait le plus bondir, c’est toute la place que les médias réservent à Bart de W, cela fait de lui une vedette, et sa pub…c’est ce qu’il cherche!
    Arrêtons de nous faire peur, car la peur paralyse, alors que c’est de dynamisme et d’esprit d’entreprise que notre pays a besoin!

  • Françoise Le Borne

    Bien entendu, j’adhère tout à fait à l’éditorial de Pascal, et me contenterai d’y ajouter mon grain de sel :-)

    D’abord, des élections locales sont moins politiques qu’intimes, et les gens votent pour le gentil Monsieur qui va faire refaire le trottoir, sans trop s’occuper de sa couleur idéologique. Le verdict est surtout celui de l’occupation du terrain.

    Mais notre curieuse petite Belgique trouve surtout dans ses forces divergentes des effets centripèdes : quel est le francophone qui n’a pas, à un moment donné, jubilé en entendant De Wever nous permettre d’ouïr ce que nous refuse le politiquement correct étouffant ? Quel est le flamand qui ne jubile pas quand il voit la très haute opinion que les francophones ont de sa “productivité”, alors que chacun sait – tussen ons – qu’il n’en est rien ?

    Le combat linguistique ? une manière qu’ont les belges de se tirer une balle dans le pied … Je rentre aujourd’hui d’un long périple en Turquie, sidérée par son dynamisme économique : les messages destinés aux touristes sont désormais en russe, en allemand, en anglais ou dans quelques langues asiatiques, mais pas une trace de français ou de flamand :-) Oublions nos sabirs, et immergeons nos enfants en anglais, si nous voulons leur ouvrir les portes du monde.

    La contestation belge, présentée comme linguistique, est celle entre le libéralisme et un vague hollandisme dont plus personne ne veut, sauf ceux qui sont bien décidés à en abuser. Une évidence difficile à gérer par nos partis francophones, contraints à la fois de séduire notre immigration par un “tout social” débridé, et craignant que toute position trop ferme ne se fasse qualifier de thatcherisme ou de fascisme. Il est grand temps qu’ils réalisent qu’on ne peut éternellement ménager la chèvre et le chou et qu’une politique, si compréhensive et bienveillante soit-elle, ne peut faire l’impasse à quelques fondamentaux, comme “tu gagneras ton pain à la sueur de ton front”.

    Amusons-nous donc de ces francolâtres qu pensent souvent comme des flamands, et de ces flamands plus attirés par les francophones qui ne veulent se l’avouer … Ajoutons une symbiose économique indispensable et bien réelle, une monarchie qui ridiculise toutes ces républiques et leurs leaders emblématiques en CDD, et constatons : la Belgique n’est fragile que pour quelques pigistes en mal de papiers …

  • André Raeymaeker-Charpentier

    Les “Pères de l’Europe” étaient deux vrais sages. Ils doivent se retourner dans leur tombe en voyant ce qu’est devenu leur projet. Ouvrez les yeux…
    La Paix ? Alors que nos F16 arrosent glorieusement l’Afghanistan , la Syrie, et autres lieux qui s’obstinent à menacer nos frontières. L’intégration ? celle des 28 ? ( j’ai ajouté les Turcs,pour faire bonne démesure! ) Si Schengen continue son beau travail, les seuls à devoir s’intégrer en Belgique finiront par être les Belges…Demandez à notre Sheik déchu et déçu. Il vous resservira une louche de son moureau pour les petits oisons.

    (s) Un “terroriste” d’ “Al Qaïda”

  • Gérald Tramasure

    Merci pour votre éditorial qui redonne du tonus à tous ceux qui rejettent le séparatisme voire le confédérlisme. Toutefois ne nous leurrons pas, Bart DW est fort, intelligent au point d’avoir placé notre Premier Ministre en bonne place dans les sondages du nord du pays. Cette tactique est payante puisqu’on sait maintenant ue l’ultimatum de BDW d’entamer des tractations AVANT 2014, a remis un plan B sur le métier des francophones. Les accords sur BHV définissent les limites territoriales de la Flandre en phagocytant lentement la Région Bruxelloise. Tous les francophones doivent réagir, non en se crèpant le chignon, comme à ces dernières élections communales, mais en travaillant ensemble aux vrais problèmes de Bruxelles : intégration, éducation, chômage, trois objectifs intimement liés.
    Les ‘Pères de l’Europe’ avaient deux objectifs: la Paix et l’intégration des peuples. S nous filons par les voies du séparatisme des communautés ethniques, linguistiques,confessionnelles…nous nous dirigeons droit vers des conflits ingérables qui empoisonneront les futures générations. L’homme qui a mis à feu et à sang Paris en 1968, s’évertue dans ce sens au sein même du Parlement EZuroppéen. Danger !

  • C. de V.

    Cher Pascal,

    Les données que je possède permettent trois conclusions :
    Beaucoup ont voté par xénophobie
    Beaucoup de nantis ont voté pour des raisons de déséquilibres économiques et financiers.
    Une minorité a voté pour le séparatisme.
    Les deux premières catégories formulent des espérances d’interventions musclées dans les deux domaines de la part d’’un leader auquel ils confèrent le pouvoir sans lui assigner de mission claire ni de limites de pouvoir.
    Et donc une situation analogue à la période des « halb starken »de l’ Allemagne des années 33 !!!

    Cela vaut peut-être la peine que tu creuses un peu. Ta culture politique est plus vaste que la mienne.

    Cordialement,
    C.V.

  • André Raeymaeker-Charpentier

    Cher Pascal,
    N’ayant pas la fibre politicienne, j’ignore si vos arguments sont tous
    pertinents.
    Mais vous avez raison sur le fond : le Belgique, le seul “pays qui n’existe pas”, surnage insolemment, ce qui n’est pas le cas de ses grands voisins.
    La France, par exemple, toujours à l’avant-garde de révolutions meurtrières, est en train de couler à pic sous les coups des crétins cosmopolites qui la régentent.
    La nouvelle devise de Paris devrait donc être : ” Mergitur, nec fluctuat”.
    Mais comme on vient d’y mettre un terme définitif à l’enseignement des langues anciennes, il st peu probable que sa population s’y reconnaisse.
    Peut-être la Belgique est-elle préservée – du moins dans l’immédiat – par sa solide tradition vlillageoise et par une absence assez répandue de prétentions intellectuelles. Vive donc notre folklore, dont le malin Bart fait incontestablement partie, même si l’on peut regretter la disparition de son embonpoint…
    Et tout cela alors que Bruxelles est devenu – à son corps défendant – le repaire empoisonné des prédateurs du NATO et de l’Europe-punie.
    En dépit de quoi, nous conservons une courageuse monarchie ( le seul régime vraiment défendable), et justement grâce à sa prétendue insignifiance, qui ne peut faire ombrage à personne. Une malheureuse souris, mais à qui il peut arriver encore de rugir modestement.
    L’explication de ces paradoxes impose de remonter fort haut dans la longue histoire de notre peuple, envahi. à perpétuité.
    Qui sait si l’un ou l’autre de vos lecteurs s n’aura pas assez “du temps à perdre ” pour jeter un coup d’oeil au petit ouvrage intitulé”Etre et Avoir”, qu’on peut trouver sur le dite sus-dit ? Rien n’est tout à fait inexplicable, et Il reste des résistants partout…

    Terminons sur ce mot de Montherlant, qui connaissait le latin, et possédait donc la clé de sa propre langue, “Le monde n’aura bientôt pus qu’un ennemi : l’homme qui ne fait pas comme tout le monde, et l’homme qui a du temps à perdre”..

    Bien amicalement
    André Charpentier

  • de Meester de B

    je préfère le chaos dans la religion et les valeurs qui nous sont chers ( catholique ) plutot que de céder tout à l’Islam qui nous envahi et nous étrangle peu à peu. Je tiens aussi à nos traditions qui est le ciment de notre nation, de nos civilisations qui sont totalement inconnu de nos envahisseurs. Nous avons oublié ce qu’est le respect de nous-même, de la famille. Nous reculons comme des lâches face à l’évidence funeste de notre devenir. Adieu europe de la tolérance et bonjour à la dictature verte.
    La nv-a n’est autre que le résultat de trop de laxisme de facilités en tous genres donné à des gens qui ne connaissent pas la réciprocité ni la reconnaissance. Un seul mot à leur bouche <>. Et c’est vraiment ce que nous sommes devenus. Adieu mon monde que j’aimais tant avec ses faiblesses mais c’était celui de mes ancêtres, c’était aussi celui des carillons de nos beffrois.

  • Pierre nève

    Merci pour votre analyse.
    l’explosion de la NVA n’est pas une réalité dans les différentes communes du nord du Pays, la NVA va enfin se mouiller dans l’action aux citoyens.

  • Stephane Czarnocki

    Les transferts de la Flandre vers la francophonie sont évalués à quelques milliers d’euro par an par famille flamande. On peut discuter ces chiffres, retrancher ici, enlever là, personne ne semble conteste l’ordre de grandeur.
    Cela dure depuis des dizaines d’années, et rien ne semble inverser la tendance.
    Si j’étais flamand, je trouverais cette situation anormale. Si en plus, ceux qui reçoivent mon argent, me traitaient de sous-nationaliste flamand parce que je dis que cette situation est anormale, je n’apprécierais pas
    Il y a peu d’efforts mis à essayer de comprendre ce que peut penser l’autre camp.
    La meilleure arme contre De Wever serait de reconnaître que la situation de dépendance de la francophonie n’est pas normale, et de réfléchir comment y remédier.
    La Flandre pourrait être tentée de prendre en charge sa part de la dette, pensant l’assumer sans trop de difficultés si elle est délivrée du poids des transferts. La crise de l’Europe montre que ce qui était impensable il y a quelques années peut malheureusement se réaliser.

  • Yves de Menten de Horne

    Trois adresses mail pour vous, en espérant que ces personnes ne vous lisent déjà pas :

    Bien à vous.

    PS. Vos commentaires sont toujours fort judicieux…

  • aglaë de Bruyn

    merci de cette superbe analyse ! en effet …
    As-tu Olivier de Clippele et Geoffroy Coomans de B.dans ton fichier ?
    bonne et belle continuation au Beffroy et plein de bonnes choses pr vous tous
    aglaë

  • VAN STRATUM

    Bien noté ! On ne s’en fera donc pas (trop), mais en fait-on assez ?

    Présenter la Belgique comme une solution par défaut, Bruxelles et la dette étant par nature indivisibles, ne va pas déchaîner l’enthousiasme de la population.

    Un pays ne se réduit pas à sa Constitution et à quelques symboles, tels que sa monarchie et son drapeau. Pour qu’il soit aussi une communauté de citoyens, il faut qu’il y ait des échanges. Je trouve par exemple désolant que des écoles wallonnes aient lancé des programmes d’immersion en anglais plutôt qu’en néerlandais. De telles écoles peuvent-elles encore s’affirmer belges ?

    Tout, bien sûr, n’est pas perdu, loin s’en faut ! Il y a encore bon nombre de bilingues/tweetaligen ainsi que des mariages par de-là la frontière linguistique. Les quelques listes électorales locales bilingues qu’on a vu dimanche passé seraient-elles les prémices d’un renouveau belge ?

    J’attends qu’un parti revendique clairement dans son programme la promotion de ces échanges. Je n’y serai pas insensible lors de ma prochaine visite de l’isoloir. Jazeker !

  • Bénédicte Randaxhe

    Merci pour le message encourageant.

    J’y entends notamment que le phénomène De W. n’est pas nouveau. On a vu en effet es dernières années des engouements pour Yves Leterme, pour De Decker.

    Quand on voit ce comportement, on comprend que les flamands ont besoin de quelque chose… De Wever arrivera-t-il à identifier ce besoin, cette frustration de quelque chose ?

  • Thierry Muûls

    analyse correcte en ce qui concerne les prévisions qui se sont effectivement réalisées.Pour ce qui est de l’avenir j’y vois peut être trop d’optimisme, compte tenu d’une véritable fracture entre une Flandre et Bruxelles à vision économico financière franchement libérale sur le modèle anglo saxon et une Wallonie toujours dominée par un socialisme à la sauce française.L’affrontement n’est plus tellement linguistique, mais philosophico économique.Est ce pire? La dette comme dans d’autres pays européens constitue en effet un ciment.En plus nous avons Bruxelles pomme de discorde insoluble, et donc autre barrière contre l’éclatement, et et nous avons l’Europe.De Wever a donc du boulot,mais il est conscient de tout cela, et remarquablement intelligent pour mener sa barque en contournant ces esquifs.

  • Jean-Louis Couvreur

    Merci pour cette excellente analyse! NB : Un passant interviewé par la TV disait qu’il n’était pas normal que le pays soit dirigé par un Francophone, vu que les Francophones y sont minoritaires. Cela suscite la réflexion suivante : La toute puissante Commission Européenne est dirigée par J.M. Barroso, un Portugais, or ces derniers sont loin de constituer la majorité des Européens. L’Europe doit-elle être dirigée par les Allemands sous prétexte qu’ils sont les plus nombreux ? Encore mieux, le monde ne devrait-il pas être dirigé par les Chinois qui sont les plus nombreux sur la Terre ? Voilà à quoi nous mèneraient de tels raisonnements simplistes!

  • Patrick de Cooman

    Puisses-tu dire vrai ! Il se fait que les chamailleries post-électorales entre francophones ne sont pas indifférentes aux éditorialistes flamands, qui se prennent à espérer que la Belgique francophone soit dorénavant moins menottée par le PS.

  • Cousin

    Pascal

    Les flamands que je connais en ont plus qu’ assez de subjuguer une Wallonie socialiste mal gérée c’est la le vrai problème
    Les francophones ne le comprennent pas et les partis de droite mr CDH continuent à se compromettre avec le ps qui achète les allochtones en leur donnant droit a des allocations d insertion supérieur aux pensions des belges qui ont travaillé pendant 40 ans !
    Il faut ouvrir les yeux des petits pensionnés et peut être ceux ci feront ils enfin basculer une majorité de centre droit a Bruxelles et en Wallonie et la Nva aura moins de raison de rejeter les franse ratten !
    Bonne nuit
    Francois

  • Make a true project happen !

    Comme j’ai peut-être vite pensé à “mon” seul beffroi :-) je précise que la Wallonie, qui a d’autres atouts et d’autres ressources et où beaucoup de projets sont en cours (ce qui manque un peu à Bruxelles), n’est sans doute pas dans les mêmes problématiques. Mais là, d’autres internautes parleront beaucoup mieux de projets qu’ils souhaiteraient en Wallonie. J’espère juste que – de Mons à Namur, de Charleroi à Liège, de Bruxelles à Verviers, et j’en passe – nous pourrons être de vrais partenaires, chacun soutenant l’autre dans ses objectifs. Nous y avons tous intérêt, pas seulement par rapport à la Flandre, mais pour chacun de nous.

  • Make a true project happen !

    La NVA ne veut pas l’indépendance pure de la Flandre mais un confédéralisme, soit le beurre et l’argent du beurre (gestion et profits autonomes, mais en laissant au fédéral la dette, voire certains pans que la Flandre aurait intérêt à ne pas régionaliser, comme les pensions). Elle pourrait aussi laisser Bruxelles s’asphyxier dans son territoire économiquement et fiscalement étriqué et avec sa population mal formée et à charge, pour l’acculer à demander encore d’autres financements (sous conditions bien sûr) ou la faire dépasser bien vite par Anvers. Soit-dit en passant, la Wallonie ne cèdera pas non plus à Bruxelles ses riches communes périphériques… La Flandre surtout s’est donnée une vraie pulsation d’énergie, qui nous fait bien défaut. Il est grand temps de sortir des logiques de confrontation, et de soutenir à plein régime un projet mobilisateur pour Bruxelles et les bruxellois. Bientôt, il va falloir décider de l’affectation de la prohaine manne européenne. Allons-nous donc encore jouer au saupoudrage sans aucune vision d’ensemble ? L’équation est pourtant simple: chômage, manque de création d’entreprise, métiers techniques en pénurie, jeunesse nombreuse mais peu ou pas qualifiée, petite déliquance due à l’exclusion, manque de personnel d’aide aux personnes âgées, etc. Il faut mettre autour de la table région, communautés et communes (ne plus laisser chaque intérêt local défendre son pré-carré – savoir dépasser la plomberie institutionnelle pour la faire servir et non peser) pour lancer – à Tour&Taxis ou ailleurs – un seule et immense projet de Cité des Métiers Techniques et Professionnels dans un bâtiment très marqué et emblématique, et qui soit à ce point qualitative que des étrangers viendraient aussi y étudier. Un enseignement exigeant et précoce, avec du matériel moderne et des cours complémentaires de compta et gestion. Un enseignement qui attirerait ceux à qui les études supérieures paraissent inaccessibles ou pas assez concrètes. Un enseignement qui les rende fiers, qui leur assure un bon revenu futur, qui contribue aussi au rayonnement de Bruxelles (mais avec un quota maximum d’étrangers pour que le financement reste viable, puisqu’on ne peut appliquer des frais scolaires différenciés entre ressortissant européens). Et pourqsuoi pas y inclure des salles de séminaires, avec des présentations ouvertes à tous, des locaux pour des évènements sur les sciences, une collaboration avec les universités, etc. Certains parlent d’un énième centre d’art contemprain; c’est bien, mais qui cela va-t-il encore faire rêver en dehors d’une élite blasée ? Du Gehry, mais pour tous: jeunes en qête de formation valorisante, adultes s’intéressant aux techniques, riverains se sentant davantages inclus dans un vrai projet collectif, ville rayonnant au delà de ses frontières par ses compétences, puisqu’elle ne peut offrir que cela mais tout cela. Faire vibrer, avec une vraie comm’ bien orchestrée et pas neuneu.

  • François-Xavier Nève

    Intelligent, mesuré, très optimiste. Je n’étais pas là en 1933, 1937, 1939, mais je redoute d’entendre l’écho des rassureurs : “Ha ! Hitler ! Aucune base philosophique sérieuse ni projet applicable ! Maintenant qu’il a les mains dans le cambouis, les Allemands, sensés, cultivés, et avertis par 14-18, vont se rendre compte de son inanité ! Dormez en paix, bonnes gens !””

  • Evrard d'Ursel

    Bien dit. Non seulement la majorité des flamands ne veulent pas la séparation et de plus, la séparation du royaume est techniquement impossible (Bruxelles) et l’Europe ne ratifiera pas. Cela réveillerait les autres velléités séparatistes du continent, voire du Royaume Uni.
    Le danger n’est donc pas si grand. Sauf que l’on repartira vers de nouvelles querelles et marchandages communautaires. Le vrai danger est que le séparatisme semblant faire recettes, les autres partis flamands risquent de souffler aussi dans cette trompette.

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