Ne refusons plus, revendiquons !
Manif

Je crois que nous sommes maladroits.

Comme la société que nous concocte le matérialisme tout puissant ne nous convient pas, nous nous braquons (à juste titre) et nous la refusons. Nous refusons ce régime de mort qu’on veut nous imposer. Nous refusons et nous avons raison. Là n’est pas la question.

Le problème est que notre discours est inaudible pour une grande majorité de nos contemporains. Parler de valeurs, de vertu, de don de soi, d’exigences morales et de nécessités éthiques est très naturel pour nous. C’est même fort courageux dans le contexte actuel car dès nos premiers mots, à la moindre allusion de notre part aux valeurs universelles, nous sommes classés définitivement, médiatiquement morts et politiquement imbuvables.  C’est difficile à vivre, mais comme notre langage est inaccessible à la majorité, chaque fois que nous nous exprimons pour refuser l’évolution qu’on nous impose, nous donnons à nos adversaires le bâton pour nous battre.

C’est que la majorité de la population est éduquée depuis plus d’une génération à ne plus entendre le moindre discours de contrainte. Pour eux, la vie agréable, la facilité et le confort (vicieusement confondus avec le bonheur), sont des droits premiers, définitivement acquis. Le bien-être physique, matériel et sentimental est devenu pour chacun le premier des droits de l’homme. Observez le langage publicitaire, c’est un excellent indicateur : il glorifie le bien-être sous tous les aspects possibles et imaginables. La sécurité, le plaisir, le confort, la facilité, tout est bien-être parce que « vous le valez bien » et, des aisselles de Madame au linge de Monsieur, en passant par les entrailles de votre lave-vaisselle et la cuvette du wc, tout doit être net, propre, lisse, idéal, éclatant,  d’un simple geste et surtout  sans effort. Nous sommes en présence d’une génération « cool », c’est-à-dire que ne lui est bon que ce qui est souple, doux, jouissif et brillant, mais facile et détendu, lisse et rond, simple, moelleux, fluide et rigolo.   Il ne faut donc pas s’étonner que cette génération soit sourde à toute exigence et surtout celles de la vertu.

La question que nous devons donc nous poser est : comment pénétrer ces cerveaux lobotomisés, comment être entendus par ceux que l’idée de la contrainte rend sourds ?

Je crois que la réponse est simple : il ne faut pas leur parler de leurs devoirs, il faut leur parler en termes de droits. Et ces droits, nous devons les revendiquer haut et fort pour eux.   Face à une société mortifère nous devons revendiquer le(s) droit(s) de vivre.

Quelques exemples :

  • Une jeune femme attend un enfant sans le vouloir et les circonstances rendent sa naissance difficile à envisager. La solution de facilité qui consiste à éliminer ce nouvel être humain est, à l’évidence, une solution barbare qui n’est facile que pour les moins concernés. La jeune femme qui perd son enfant, volontairement ou non, en souffrira toute sa vie. Une société civilisée et progressiste doit à ce moment proposer les mesures nécessaires pour respecter le droit de cette jeune femme à mettre son enfant au monde, à l’accueillir et à l’élever, dans des circonstances acceptables. Il est donc urgent de mettre en œuvre des mesures efficaces de support psychologique et d’aide matérielle aux grossesses malvenues. Une femme qui conçoit un enfant en est responsable. Cette responsabilité comporte logiquement un droit correspondant : elle a le droit de mener sa grossesse à terme dans des circonstances acceptables. Elle a le droit de donner la vie, c’est peut-être le premier des droits sociaux. Revendiquons donc ce droit avec elle.
  • Quant à l’enfant à naître, qui n’a encore aucune capacité ni autonomie, il n’a qu’une faculté qui est celle de se former et de grandir, sa seule capacité est celle de vivre. Elle est donc son seul droit. Or il est du devoir d’une société qui se respecte de protéger les êtres humains les plus faibles envers et contre les prétentions des plus forts. J’aurais donc tendance à dire que le droit à vivre de l’enfant à naître est d’autant plus fort que sa faiblesse est grande. A l’opposé de la « solution » misérable de l’avortement, nous devons revendiquer, pour l’embryon, le statut parfaitement incontestable d’être humain, et donc le droit de vivre, tout simplement. Le droit de la femme, dans de semblables circonstances, est bien le droit de défendre par tous les moyens le droit à vivre de son enfant.
  • Une personne souffre d’une maladie qui dépasse les moyens de notre médecine actuelle. Son décès se rapproche avec une dégradation inéluctable de toutes ses capacités, et le risque de lourdes souffrances physiques. Chacun peut le pressentir, la période à venir va être particulièrement pénible et certains moments risquent d’être difficilement soutenables pour le malade comme pour ses proches.  Il est humain, normal pour ne pas dire indispensable, de chercher par tous les moyens à éviter cette situation.      La réponse de certains milieux est celle du matérialisme : il faut autoriser les services médicaux à supprimer ce malade si celui-ci le demande. Mais est-ce une solution de supprimer celui qui souffre pour éviter sa souffrance ? Non, bien sûr ! C’est une pratique indigne d’une société civilisée. Le médecin qui ne peut plus guérir ne doit pas s’acharner en vain, c’est certain, mais il garde le devoir de soigner, ne fût-ce que soigner la douleur. Celui qui est en fin de vie et qui risque de souffrir a droit à ces soins. Le droit à ces soins, le droit à être accompagné durant ses derniers jours, ce qu’on appelle les soins palliatifs, doit entrer dans la liste des droits fondamentaux. Il faut revendiquer d’urgence pour tous, le droit aux soins palliatifs.
  • Face à la comédie du mariage entre homosexuels (que la majorité d’entre eux ne revendique d’ailleurs pas) il est évident qu’il faut défendre le droit de chaque enfant à avoir un papa et une maman. (Remarquez qu’en France cet argument a mis des millions de personnes dans la rue avec une régularité qui a fini par faire reculer le gouvernement sur ses nouveaux projets en la matière.) Mais nous devons aussi exiger la protection de l’institution du mariage. Cette institution nous appartient et nul n’a le droit de la galvauder. Elle est en effet l’instrument public qui  scelle l’engagement définitif d’un homme et d’une femme à former une nouvelle cellule familiale, et ce sont ces cellules qui, seules,  permettent de forger une société d’hommes libres. Nous avons droit au respect du mariage.
  • Et il reste bien d’autres exemples : face à la théorie du genre nous devons défendre sans faillir le droit de nos enfants à leur identité sexuelle, face aux facilitations du divorce, nous devons revendiquer que le droit, les procédures et le fisc avantagent la solidité du mariage par tous les moyens, etc. etc…. (et vous avez certainement d’autres exemples qui vous viennent à l’esprit. Non ?)

Comme vous le voyez, il n’y a rien de très original dans les options que j’expose ici. C’est l’angle de vue qui doit changer et la manière dont nous l’exprimons. Si nous nous acharnons systématiquement pour ces droits et non contre les solutions de facilités abjectes du système qu’on nous impose, nous mettrons progressivement de plus en plus de citoyens de notre côté. Et ce n’est qu’après ça, en y mettant le temps nécessaire, que nous pourrons faire œuvre pédagogique et, en montrant leurs errements à nos contemporains, leur faire retrouver leur âme.

Pascal de Roubaix.

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