Pour un « Lobby » de la liberté vraie

Bruxelles, le 08 septembre 2009

L’insupportable chape de la « bien pensance » .

Je reçois une remarque d’un proche à propos de certains sujets abordés dans la présentation de notre mouvement politique du « BEFFROI » :

«J’ai tout de même un doute sur deux points», me dit-il, « n’y a-t-il pas là une certaine forme d’extrémisme : Islam, immigration, homosexualité, euthanasie, avortement… ? »Mais il ajoute heureusement : « Peut-être aurons-nous l’occasion d’en discuter, peut-être fais-je fausse route? »

Oui, il fait fausse route, non, il n’y a rien d’extrême dans les options du BEFFROI. Par contre je réalise que si même un homme instruit, cultivé et intelligent comme lui, bon et généreux et qui me connaît bien, se pose cette question, il ne faut pas s’étonner de ce que, pour la toute grande majorité des esprits moins informés et moins critiques, formatés par l’air du temps, le simple fait d’effleurer ces sujets allume tous les voyants rouges, dénonce sans appel la noirceur nauséabonde de notre pensée et clôture notre procès avant même de l’avoir ouvert, par la sentence infamante entre toutes : « extrême droite ».

Car aujourd’hui, défendre la Monarchie, sortir son drapeau ou, pire encore, utiliser pour la Belgique le mot « Patrie » et se dire fier d’elle, c’est déjà sérieusement éveiller les soupçons.

Critiquer, en plus, le monde politique en faisant remarquer que notre démocratie s’efface derrière une nouvelle oligarchie particratique, dénoncer sa diarrhée réglementariste, les spoliations fiscales et parafiscales auxquelles elle se livre, sans parler de la politisation endémique, des abus syndicaux ou du lamentable spectacle de la corruption, c’est évidemment faire preuve d’un tempérament bien bas qui ne supporte pas les contraintes de la démocratie.

Si, au-delà de ces vilains penchants, vous avez au fond de vous comme une sourde angoisse face à la montée prégnante d’un Islam inquiétant, et que vous avez la naïveté de vous en ouvrir aux autres, là votre cas s’aggrave ; vous dépassez les bornes.

Mais si, à ces tendances honteuses, vous ajoutez votre manque de goût pour les indécences jubilatoires des revendications de certains lobbys gays,

et si vous ne pouvez pas concevoir votre liberté sans références infantiles à de prétendues « valeurs universelles » aussi dépassées que le sens de l’effort ou du sacrifice, la fidélité, les vertus, l’autorité parentale, la famille, la vie, etc., si vous n’avez pas encore intégré que rien n’est plus relatif que le bien ou le mal, vous êtes probablement irrécupérables.

Maintenant, si vous avez l’outrecuidance d’ajouter à votre dépravation personnelle, la moindre sympathie pour les préceptes castrateurs de l’Eglise catholique et du dangereux sénile qui la dirige, là, vous vous rendez complice de sa morale criminelle et de son influence délétère sur notre humanité.

Eh bien, oui !  voilà une complicité que non seulement nous avouons, mais que nous revendiquons avec enthousiasme.

Le BEFFROI se veut défenseur de tous ces gens bizarres qui croient que la Belgique en vaut la peine et qui voient la monarchie constitutionnelle comme le plus génialement démocratique des régimes, qui en sont fiers et voudraient y inscrire le principe de subsidiarité pour donner la priorité au plus local sur le plus lointain. Et ils détestent les sous nationalismes imbéciles qui lui ont fait, lui font et lui feront encore, sans doute, tant de tort.

Le BEFFROI rêve d’un pays où le pouvoir public retrouve son noble et austère rôle d’arbitre, et il se méfie des entraves administratives de toutes natures qui briment la liberté de chaque citoyen.

Un pays aussi où l’argent soit remis sévèrement dans son rôle d’outil et non de but, car là où l’argent devient le but, l’économie devient mensonge et la liberté de marché perd son âme.

Le BEFFROI voit une démocratie plus directe et délivrée des appareils irresponsables des partis qui ne contrôleraient plus les élections et ne se partageraient plus les nominations, comme les prébendes et les honneurs.

Le BEFFROI qui, plus que tout, est attaché à la liberté responsable de la personne humaine, veut combattre sur tous les fronts, tout mécanisme social, tout relativisme moral, mais aussi tout endoctrinement mental, fusse-t-il à prétexte religieux, qui détruit la responsabilité autonome de chacun.

Le BEFFROI conçoit l’école comme le lieu d’apprentissage du savoir et des vertus du travail, tout comme celui de l’initiation à notre merveilleux patrimoine culturel belge et européen. Son projet est l’autonomie progressive de la personnalité de chaque enfant, projet qui restera inaccessible sans une totale autonomie des écoles et des pédagogues.

Le BEFFROI se veut protecteur et promoteur : 1° de l’égale dignité humaine de chacun, spécialement aux heures où elle est la plus faible, la plus fragile et souvent donc la plus dérangeante, 2° de la solidité du creuset familial comme première cellule sociale, 3° de l’autorité des parents comme de leur entière responsabilité d’éducateurs.

Le BEFFROI ose défendre notre civilisation de liberté et de responsabilité construite sur les valeurs universelles qui doivent être la référence centrale de toute loi ou réglementation, et veut éviter au monde sa perte dans un relativisme hédoniste, matérialiste, sans espérance et donc sans avenir.

Oui, bon, je m’emporte et je deviens un peu long, excusez-moi.

Ce qu’il faut comprendre c’est qu’il y a un certain nombre de valeurs fondamentales qui restent inamovibles à travers l’Histoire.

Si ceux qui les défendent sans broncher, fidèles à une sagesse séculaire, se retrouvent au ban de la société, sont traités d’extrémistes et dénoncés à la vindicte aveugle des masses, c’est que la dérive de la société tout entière est extrême. Les valeurs universelles, elles, ne peuvent être qu’au centre de toute organisation humaine, puisqu’elles en sont l’obligatoire charpente.

C’est cette charpente que le BEFFROI (qui n’est pas, et ne sera jamais, un parti politique) veut consolider en agissant, vis à vis des pouvoirs politiques et autres, comme une sorte de « cercle vertueux », de « syndicat du bien », de lobby de la vraie liberté.

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