L’Europe nécessaire.

Si vous le voulez bien, utilisons le répit que nous donne l’été pour réfléchir un peu à l’avenir (faute de quoi nous serons condamnés à le subir).

Dans les mois et les années qui viennent la bataille risque de se rejouer sans cesse entre, d’une part, ceux qui veulent une intégration des états européens dans un ensemble du style « Etats unis d’Europe », c’est-à-dire un grand pays fédéraliste, et les autres, d’autre part, qui ne veulent plus entendre parler de cette Europe chicanière, omniprésente, dispendieuse et irrespectueuse de nos états d’âmes, ni des pertes de souveraineté qu’elle implique pour nos nations.

Les premiers se sentent portés par l’évolution irréductible de l’Histoire, les autres s’appuient sur l’Histoire pour répéter qu’on ne peut négliger le passé et qu’il faut construire l’avenir en le respectant.

Il me semble évident que les deux camps ont raison.

La révolution des communications est telle que les frontières ont beaucoup perdu de sens ; c’est certain. Mais ce n’est pas avec quelques traités plus ou moins volontaristes qu’on effacera en une ou deux générations  deux mille ans de l’Histoire de nos différents peuples, de nos diverses cultures, coutumes et langues, et des institutions multi-centenaires qui les encadrent; c’est tout aussi évident.

Et nous voilà devant la question politique centrale pour chacun de nos pays et pour l’ensemble des 495 et quelques millions de citoyens qui y vivent. Car c’est bien de politique qu’il s’agit : comment adapter la gestion de nos pays aux évolutions planétaires que nous ne pouvons éluder ?

Je crois que ceux qui rêvent (ou font semblant par souci de leur image de dirigeant moderne) d’une Europe fédérale pure et simple, pratiquent une forme d’aveuglement volontariste ou en tout cas une méthode Coué vouée aux déconvenues les plus cinglantes. Je ne crois pas que demain l’Irlandais et le Chypriote, le Prussien et le Portugais, le Danois et le Sicilien auront les mêmes goûts, les mêmes tempéraments, la même esthétique, et surtout le même rapport à l’autre et le même langage. Je crois que les différences qui nous caractérisent mettront des lustres et des générations à s’estomper. Leur évolution vers plus d’unité de vue et de manière de faire est sans doute inéluctable, mais leur uniformisation est sans doute impossible, si même elle était souhaitable.

Je crois par contre que ceux qui prétendent défendre la « souveraineté nationale » à travers vents et marées, sont aveugles ou se moquent du monde. Comment ne pas voir que les souverainetés se ridiculisent quand elles luttent contre le fait de la mondialisation. L’information aujourd’hui instantanée, mondiale et accessible à tous, est un fait, et un fait est plus respectable que le Lord Maire (comme disent très justement ces Anglais merveilleux qui viennent encore de nous épater lors de l’ouverture des Jeux de Londres). Si la communication est mondiale, la mondialisation ne peut pas ne pas se communiquer, et nos souverainetés en pâtiront que nous le voulions ou non.

A cheval entre ces deux tendances, la vérité de l’Europe sera peut-être bien le choix politique le plus important de ce siècle. C’est que c’est de chez nous que tout est parti et, si notre position dans le monde n’est plus dominante à ce jour, nous avons sans doute encore un rôle essentiel à jouer dans l’avenir de notre humanité même si celle-ci se montre de plus en plus rétive au formatage occidental que nous avons cru devoir imposer, sans toujours nous en rendre compte.

Tout d’abord ce choix doit être fait, faute de quoi, divisés sur les sujets mondiaux, nous n’y pèserons pas plus que les petits actionnaires d’une multinationale face aux investisseurs institutionnels. Or l’Europe est dépositaire des valeurs humanistes essentielles d’une civilisation incomparable. A ce titre, elle a, je le pense, le devoir d’exister ; nous devons donc faire le choix d’une Europe et d’une Europe unie.

Mais pour respecter notre diversité, nous devons trouver une formule originale afin de faire une force de nos différences qui auraient pu apparaître, de prime abord, comme un obstacle insurmontable.

Je pense que cette idée originale est celle que contient le principe dit de subsidiarité.

Rappelons que le principe de subsidiarité préconise, dans l’organisation des pouvoirs politiques, de ne confier à un pouvoir plus élevé et plus central, que ce que le plus local, le plus proche n’a pas la possibilité d’exercer efficacement.  C’est l’exact contraire du centralisme jacobin.

Le point de départ de la subsidiarité est, bien évidemment, la personne individuelle libre et responsable, puis la cellule familiale qui est le creuset de cette liberté dans la responsabilité. Le premier et principal pouvoir organisé est la municipalité, la commune, celui qui regroupe les citoyens dans une entité à taille humaine. C’est ce pouvoir proche (à dimension suffisante qui nécessitera parfois des regroupements délicats dans les pays où elles sont restées trop exiguës ou des divisions là où on a vu trop grand pour garantir la proximité) qui doit être la base de tous les autres. Les formidables progrès des technologies de l’information doivent servir, non plus à tout règlementer au niveau le plus élevé, mais au contraire, à favoriser à tout propos la proximité, la souplesse et l’adaptation des exigences aux besoins et aux désirs des citoyens. Je pense aussi que si l’on renforce comme il faut le pouvoir de proximité en lui laissant la compétence complète de ce qu’il peut gérer lui-même, les citoyens accepteront mieux de voir des sujets internationaux échapper à leurs nations respectives.

Nécessaire pour régler les questions face auxquelles un pouvoir plus local serait impuissant, l’obligation du recours au centralisme pour certaines matières, même jusqu’au niveau mondial, est une évidence. Songeons par exemple à l’organisation des voies aériennes.

Mais c’est le choix de ce qui doit être géré par les pouvoirs politiques locaux puis  intermédiaires, les arrondissements, départements  et provinces, ou les régions, les états et finalement l’Europe, qui doit faire l’objet du débat politique ; débat essentiel pour notre avenir et celui de l’Europe.

Quant à l’Europe, elle doit cesser de donner l’impression de s’occuper de tout et de n’importe quoi. Apprendre qu’elle aurait pondu une directive pour fixer les dimensions obligatoires des bacs à sable dans les élevages d’émeus (sic !) n’ajoute, pour ne citer que cet exemple grandiose, vraiment rien de bon à son image et certainement rien non plus à son utilité. Aujourd’hui ses interventions intempestives (ou perçues comme telles) désorganisent les marchés comme à plaisir, à coup de subsides artificiels d’une part, et de règlementations étouffantes d’autres part. N’est-il pas temps de recadrer son rôle à partir d’une gouvernance charpentée par le principe de subsidiarité ?

Pour une bonne acceptation de nos institutions, les citoyens doivent aussi comprendre facilement qui a le pouvoir, de gérer quoi, et à quel niveau. Les enfants devraient apprendre cette répartition ou du moins ses grandes lignes à l’école. Par ailleurs, afin que ces institutions fonctionnent en toute démocratie, chaque niveau de pouvoir  doit être contrôlé démocratiquement par une forme ou une autre d’assemblée élue. Chaque niveau doit aussi être maître de son budget, et, donc, responsable pour fixer et percevoir lui-même les contributions qu’il demandera aux citoyens.

Il me semble que si nous revoyons notre fonctionnement sur base de ces principes, non seulement nous sauverons l’Europe, mais nous aurons surtout créé les  structures indispensables et suffisantes à la sauvegarde des principes fondamentaux du personnalisme, c’est-à-dire à la base du progrès de la civilisation du monde.

Et là, nous avons encore beaucoup, beaucoup de travail.

Pascal de Roubaix.

Vice-président de l’Institut Thomas More.

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11 commentaires à propos de “L’Europe nécessaire.”

  • Rosi D. D.

    Bonjour Pascal,
    C’est toujours avec un réel plaisir que je lis ton courrier du Beffroi.
    Je suis assez d’accord avec ton analyse et j’aimerais ajouter que moi, grain de sable dans cette plage quelques 495 millions d’âmes, même si je crie très très fort que je ne suis pas d’accord avec une directive européenne, ma voix restera inaudible.
    Quant à ma voix aux élections, quelque soit son niveau, elle n’y fera rien. L’Europe est malheureusement bien loin de mon pouvoir de décision !
    Ce n’est pas du défaitisme de ma part, mais plutôt une sagesse accumulée après 60 années de participation citoyenne qui ne veut néanmoins toujours pas céder à la désillusion.
    Ne me comprends pas mal : je reste active, je reste crier ma voix, mais cela ne sert à rien.

  • Paul Goldschmidt

    Cher Pascal,

    Tu as parfaitement raison d’opposer le choix “fédéraliste” au choix “nationaliste/souverainiste”. Par contre, proposer la “subsidiarité” comme un compromis entre ces alternatives me paraît être un erreur de raisonnement.

    En effet, la subsidiarité est un élément essentiel et incontournable de l’alternative “fédéraliste” et la seule question est donc de définir dans un cadre fédéral les pouvoirs dévolus aux différents niveaux de pouvoirs que tu défini dans tes propositions.

    Deux problèmes distincts se posent: d’une part le nombre de niveaux de pouvoirs et d’autre part l’étendue des pouvoirs que chacun se voit attribuer.

    De manière pragmatique il faut essayer de limiter, autant que faire se peut, un trop grand nombre de niveaux, mais il est plus que probable qu’on ne pourra faire l’économie du niveau local, régional, national et européen soit un minimum de quatre niveaux. Il est aussi particulièrement important d’éviter un “chevauchement” des compétences entre niveaux et que juridiquement il y ait une hiérarchie claire des normes (à défaut on a tous les ennuis belges).

    Concernant l’étendue des pouvoirs, cela est beaucoup plus compliqué à obtenir un consensus car il faut définir pour chaque niveau les “budgets” et donc les “ressources” correspondantes. Dans un système “fédéral” il est nécessaire de prévoir des mécanismes de “transferts” car chaque niveau de budget sera abondé en partie par des “ressources propres” prélevé sur l'”entité administrative concernée et en partie par des transferts (dans les deux senses)vis à vis des niveaux de pouvoirs supérieurs.

    C’est ici que se trouve le nerf de la guerre entre fédéralistes et souverainistes, les derniers voulant conserver à leur propre profit l’ensemble des ressources de la “nation”.

    En dehors des questions purement financières, des problèmes sérieux se poseront au niveau de la politique étrangère et de défense qui, logiquement devrait être entièrement dévolue au niveau “européen”. La question d’une uniformisation des systèmes juridiques sera aussi épineux.

    En conclusion, il me semble que le choix n’est pas entre fédéralisme et nationalisme car seul le premier est porteur d’espoir à long terme pour les citoyens de l’Europe au sein d’un monde globalisé où il s’agit de défendre ses intérêts visà vis des autres grandes puissances.

    Le débat doit porter exclusivement sur la répartition des pouvoirs (subsidiarité) au sein d’une Europe fédérale. Pour ma part, je pense qu’à terme l’objectif de supprimer le niveau “national” dans les quatre niveaux cités plus haut serait atteignable pour créer une Europe des Régions (Land – Provinces etc..) car en matières “régaliennes” on voit difficilement subsister des pouvoirs distincts entre ceux attribués à l’Europe et aux Etats-nations.

  • Pierre de Crombrugghe

    Voilà un sujet qui intéresse beaucoup de monde. Je me trouve fortement dans les remarque de Francoise Le Borne et je voudrais y ajouter que le diable se trouve dans les détails, c’est à dire dans ce qu’il convient de laisser autorités globales et ce qu’il convient de centraliser.

    Quelques exemples
    – La politique énergétique : une approche centralisée mène à la construction d’unités centrales de grande puissance, et donc à des choix de type “Français” avec une forte proportion nucléaire. Soi par contre on décentralise, on obtient une approche plutôt danoise avec des choix écologistes qui plaisent à la population locale mais ne sont pas exempts d’inconvénients pour leurs voisins.
    – La politique socio-économique : un centralisation permettrait de mieux lutter contre l’endettement démagogique délirant certains mentionné plus haut, mais obligerait des gouvernements à faire face à des à des acteurs “non-marchands” parfois puissants.
    – La politique d’équipement en général où il faut arbitrer entre le développement de zones “motrices” où la croissance économique se réalise pour le bénéfice de l’ensemble et le soucie de ne laisser à l’abandon aucune sous-région.

    Un idée, qui d’ailleurs a tendance à se mettre en place d’elle-même est d’avoir une Europe servant de filet de sécurité aux gouvernements locaux. C’est déjà de cas pour les finances publiques, mais pourrait le devenir dans d’autre domaines aussi tels que l’enseignement si les diplômes de certains pays ne son plus adaptés au marché du travail, le calcul de l’impôt sur l’emploi s’il devient impossible d’employer du monde ou de l’impôt sur le (revenu du) capital s’il devient impossible d’investir.

  • t'Kint de Roodenbeke François

    Cher Pascal,
    Je pense que c’est au monde politique, en tout premier lieu, a tenter d’apporter une réponse à la crise, non seulement économique, mais aussi morale à laquelle le monde occidental, et l’Europe en particulier doit faire face.
    Notre grand malheur, est qu’il n’y a plus d’homme politique, à la manoeuvre, dans aucun de nos pays, qui soit un “visionnaire”, et qui puisse proposer un ou plusieurs “projets mobilisateurs” susceptibles de rassembler l’ensemble des citoyens dans un effort commun !
    C’est cet état d’esprit et la présence d'”hommes” qui au sortir de la dernière guerre ont permis de créer les prémices qui ont abouti à la construction de l’Europe !
    L’extrême facilité qui a résulté de cet essor a “émasculé” les européens, qui ne souhaite plus travailler, mais “gagner” sans effort ! Capoue)
    Il y a là une similitude “dramatique” avec d’autres situations qui dans l’histoire ont marqué le déclin de civilisations !
    Osons donc espérer un “sursaut”, qui pourrait être conscientisé par l’état de crise profonde auquel nous sommes confrontés !
    Aide-toi d’abord… et le ciel t’aidera.
    Constatons qu’on ne prie plus assez maintenant non plus !
    Prions pour que le ciel (l’Esprit) nous donne les “hommes” pour assumer cette mission.

  • Philippe C.

    Magnifique, cette synthèse des courants. Outre d’être juste, elle a le mérite de fédératrice et de ne pas dresser leurs protagonistes les uns contre les autres.
    Le principe de subsidiarité est effectivement essentiel et son existence devrait être rappelée plus souvent.
    Si cela ne se fait pas, n’est-ce pas parce que les politiques donnerait, à leur propre niveau, l’impression de se décharger d’un problème à régler, ce qui leur est souvent fatal ?
    Mieux vaut donner l’impression d’être capable d’embrasser la question et de prétendre y répondre que de laisser à d’autres le soin de la régler.
    C’est en tout cas plus subtil.
    Et politique et subtilité – ou sens de la nuance ; il n’y a qu’à voir comment les questions de politique étrangère, en matière de conflits sont approchées – ne s’accordent pas souvent.

    Merci, PhC

  • Yves de Menten de Horne

    Merci à Pascal pour cette belle analyse.
    Pourquoi André Raeymaker est-il si partial (et méchant) sur les USA. Mon épouse et moi y avons habité 3 ans, et les américains ont beaucoup à nous apprendre par, entre-autres, leur sens de l’accueil. Il ne faut pas confondre, cher André, les politiciens américains et le peuple américain. C’est c omme si vous jugiez la Belgique au travers de nos politiciens…
    Ceci dit, cher Pascal, il y a du pain sur la planche…

  • Jean-Louis Couvreur

    Le principe de subsidiarité doit encore être appliqué par la Commission Européenne qui entend régenter actuellement nos moindres faits et gestes, tel un “despote éclairé”!

    Il faut également s’inquiéter du déficit démocratique du système actuel : Aux élections dites “européennes”, on ne voit pas se constituer de listes européennes avec les partis européens, mais bien les partis nationaux (régionaux en Belgique) avec des noms belges francophones. Pourquoi n’aurais-je pas le droit de voter pour un Hongrois ou un Polonais ??

    Par ailleurs, la toute puissante Commission n’a rien à voir avec le Parlement constitué des élus et qui a un rôle purement consultatif.

    Cette commission subit en fait le pouvoir des différents “lobbys” qui essayent de faire produire des “directives” dans leur propre intérêt. Un système qui n’est pas sans rappeler celui de la cour de Versailles…

  • Françoise Le Borne

    Vaste sujet que je vais tenter de résumer.

    L’Europe ne fait pas réellement concurrence aux nations,qu’elle renforce au contraire, exactement comme mon appartenance à un club quelconque peut me donner un tas d’avantages et de contraintes, sans entammer ma personnalité.

    On remarquera d’ailleurs que la nécessaire harmonisation d’une foule de règles (comme le bas à sable des émeus !) est toujours un délicat exercice entre un consensus qui ne s’obitent généralement qu’en fixant des “fourchettes” plutôt que des données fixes, et certaines règles uniformes prises sans enthousiasme par l’UE, pour éviter les éternels glapissements de membres criant à la concurrence déloyale.

    Si l’UE est imparfaite, c’est bien parce qu’elle est tout naturellement la somme de pays imparfaits. Mais elle a le mérite d’exister, de nous offrir un marché intérieur, une monnaie, une lisibilité qu’aucun pays ne pourrait s’offrir tout seul. Un genre de limousine partagée, plutôt que des charettes à bras individuelles …

    On voit alors ses détracteurs, avec la mauvaise foi classique des peuples, prétendre à la fois que l’UE ne fait rien, mais aussi qu’elle commande tout (!)
    En oubliant que cette UE n’est pas tombée du ciel, mais qu’elle est le lieu de rencontre des forces qui la compose.

    Mais débatterait-on autant du bien-fondé de l’UE si deux facteurs n’étaient apparus ,

    Le premier est l’endettement démagogique délirant de certains pays, et la mauvaise volonté initiale de la Grèce, et à présent de la France, de faire des efforts d’assainissement. Parce que c’est la France qui se fait le porte-parole de quelques économistes allumés, comme Keynes et Krugman, qui ne voient de prospérité que dans un accroissement des dépenses, ce qui ne fait en somme que retarder l’ardoise tout en l’agravant.

    Le deuxième est la tension qu’il y a eu sur l’euro et qui se prolonge un peu trop au gré des yaka. Très simplement, c’est que l’Europe se trouve devant une conjoncture inédite, où tous les pays font du redressement budgétaire simultanément, et donc où les exportations dans la zone souffrent du manque d’appétit du voisin. Les pays vertueux (et ils sont nompbreux) arrivent toutefois à augmenter leurs exportations, et les revenus de leur balance commerciale, en allant chercher le client avec les dents, au bout du monde, d’où la balance extraordinairement favorable de l’ensemble de l’Union. D’autres continuent à s’endetter et à pleurer à la faute à pas de chance, et à imaginer qu’ils sortiront de la crise par la relance de leur consommation intérieure, un peu comme une famille fauchée croirait s’enrichir en se facturant les services les uns aux autres (tant pour la vaisselle, tant pour avoir ciré les chaussures) :-)

    Remarquons aussi la différence psychologique extraordinaire d’un pays à l’autre, et ses résultats. Certaines populations ont prêté peu d’attention à la crise (les belges e.a), et la traversent relativement sans coup férir, d’autant plus que les mesures adoptées sont remarquablement équilibrées et quasi indolores. D’autres jouent le stoïcisme volontariste, ou passent leurs activités à la vitesse supérieure avec détermination. Les plus atteints économiquement sont ceux qui d’emblée se sont sentis victimisés et n’ont vu dans cette crise qu’injustice et drame, sans en percevoir les réelles opportunités.

    Ce sont bien entendu ceux-là qui ont fait de l’UE la brebis expiatoire qui manquait à leur panoplie, avec “les banques”, “les riches” , “la mondialisation” et autres loups garous :-)

  • Katia de Radiguès

    Commentaire intelligent et peut être trop intelligent pour être suivi par les politiques. Dommage.

  • André Raeymaeker

    Cher Pascal,
    l’étatisme “européen ” a la manie de proposer les Etats-Unis pour modèle d’intégration. C’est faire fi de l’histoire. L’Europe a été une civilisation. Le sionisme nord-américain est une barbarie.Tout ce qu’il y a jamais eu de bine là-bas n’et que le produit de pillages incessants. Vidange des musées, notamment celui de Bagdad , opéré par les Matines, “Brain Drain”, etc.
    On n’éprouve aucune à faire marcher ± d’un même pas un peuple de cow-boys, d’ailleurs envahi par les Latinos.
    Mais comme vous le dites, assimiler des Albanais et des Bulgares à nos contrées, c’est se moquer du monde.
    L’erreur des “pères” de l’Europe a été de se figurer qu’un alignement purement monétaire pouvait être un facteur d’union. L’€, c’est bien pratique, mais le consensus s’arrête là. La loi de l’économie, c’est la concurrence, et à couteaux tirés. Pas l’entente, qui suppose un certain désintéressemnt.
    L’Europe a existé, d’abord dans l’antiquité, puisque le grec “euru-opa” est un attribut de Zeus ( “Celui dont le regard et la Voix portent au loin”. Puis par le dévouement sans égal des Cisterciens et de leurs Templiers, assassinés au
    XIII ème par un toi de France félon
    Même la “merveilleuse” Angleterre n’est plus capable que d’attitudes de boutiquiers. “I want my money back”
    Si vous voulez vraiment savoir d’où nous venons, je vous envoie un petit bouquin de ma fabrication, qui traite précisément de ce grave sujet. ( en cours de publication)
    Cordialement
    André Raeymaeker ( “Charpntier.” )

  • Charles van Oldeneel

    Excellente réflexion, merci.
    Et en effet, il faudrait que beaucoup poussent dans le même sens pour faire bouger.
    Je ferais ce que je peux.

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