LETTRE POUR LETTRE

Je lis une lettre reproduite dans la presse que nous adressent, à nous les catholiques, les évêques de Belgique en prévision des élections du mois prochain.index

 

Fortement déçu par le manque de force et de souffle de ce texte franchement insipide, je me suis mis à mon clavier et j’ai écrit, non sans une certaine impertinence qu’ils me pardonneront je l’espère, ce que j’aurais voulu lire et qui attend vos avis.  Voici :

 

Bien chers frères dans le Christ,

Les élections régionales, fédérales et européennes auront lieu d’ici quelques semaines et nous  tenons absolument à ce que les catholiques de Belgique y participent activement et fassent entendre leur voix en ces moments essentiels du débat démocratique. Nous voulons donc vous y encourager en vous rappelant les principaux enjeux politiques qui ne peuvent en aucun cas nous laisser indifférents.

Premier sujet : la mondialisation du consumérisme matérialiste. Tous les chrétiens, comme l’Eglise, se retrouvent ici face à des lobbys dotés de grands moyens financiers, très actifs dans les couloirs de l’ONU, et qui travaillent dans le monde entier au développement du relativisme moral et de la neutralité philosophique. Ce consumérisme refuse les valeurs universelles qui sont à la base de notre civilisation judéo-chrétienne personnaliste. C’est ce personnalisme chrétien que l’Europe doit défendre bec et ongle pour le bien commun de l’humanité. Ne soutenons que les candidats au Parlement européen qui s’engagent explicitement à “rendre à Dieu ce qui est à Dieu”.

Ici nous tenons à prévenir les élus futurs que ce combat est loin d’être une chimère, en insistant sur le nombre, chaque jour plus grand, de chrétiens qui perdent la vie pour leur foi. Ici aussi il est primordial que l’Europe défende ces martyrs, dénonce ces crimes et prenne ses responsabilités vis-à-vis des Etats qui les acceptent ou des groupes qui les perpètrent.

Ce consumérisme mondialisé et les victoires du relativisme moral  se sont traduits chez nous par un développement monstrueux d’une culture de mort que nous ne pouvons plus tolérer. Nous voulons que le « droit de la femme » redevienne  celui de mettre au monde les enfants qu’elle porte et que les réseaux d’avortoirs actuels soient transformés en réseaux d’ «accueil familial » qui entoureront de toutes les préventions celles dont la grossesse représente une difficulté. Evitons ainsi le maximum d’avortements (+ de 25.000 par an, à ce jour, chez nous !) qui sont autant de drames.

Nous devons faire élire ceux qui défendront le droit à de vrais soins palliatifs mis en œuvre très naturellement dès que la personne perd ses moyens de vivre en autonomie et jusqu’à son décès naturel. Ce qui devrait rendre l’euthanasie parfaitement inutile pour ne pas dire impensable.

Nous devons aussi retrouver la dimension sacrée de la vie humaine et toute sa dignité dans les sujets qui touchent aux recherches scientifiques et principalement aux développements de l’intelligence artificielle.   Ne soutenons que les candidats qui s’engagent également sur ces points.

Au nom de l’indispensable stabilité affective et de l’amour du aux enfants pour les mener à l’âge adulte, nous voulons que soit mis fin à toute politique de destruction de la famille et de l’indestructibilité du mariage. Il s’agit donc ici de promouvoir une politique qui soit à l’opposé exact de celle qui est menée chez nous depuis ces dernières décennies. Seule la famille, basée sur l’engagement irréversible d’un homme et d’une femme, acceptant les enfants que Dieu leur donne, est garante de la pérennité de l’amour, de la sérénité affective, et donc du bien-être et de la solidité de la société. Un catholique ne vote que pour celui qui s’engage en faveur de cette famille-là.

Pour la Belgique nous voudrions faire partiellement notre « mea culpa », car dans les questions de sous-nationalisme basées sur des discriminations linguistiques insupportables, notre Eglise n’a pas toujours eu un discours courageux ni même acceptable. Aujourd’hui nous voulons dire que l’organisation par certains de la division, de la concurrence, si pas de l’antagonisme plus ou moins haineux entre les belges, sous prétexte qu’ils n’ont pas la même langue maternelle, n’est pas une attitude acceptable par un catholique. Nous nous engageons officiellement ici à mettre un point final à toute intolérance linguistique au sein de l’Eglise, même si celle-ci devait parfois rencontrer des difficultés face à des lois discriminantes totalement inacceptables.

Enfin le sujet délicat entre tous: celui de l’immigration. Ici nous tenons à dire toute notre admiration pour l’esprit de générosité de tous ceux qui essayent d’améliorer le sort matériel des migrants, sans se préoccuper de leur régularité administrative, mais par simple charité. Individuellement, leur action est parfaitement louable. Mais ici nous devons parler politique et il est tout aussi évident que la responsabilité de la Belgique comme celle de l’Europe est de se préoccuper des vraies causes de l’immigration. Se contenter ici de l’accueil individuel des migrants, risque bien de n’être (une fois de plus) que paver l’enfer avec nos bonnes intentions. Si l’immigration économique reste incontrôlée, elle étouffera bientôt nos territoires exigus et détruira nos standards de vie. Ainsi la relative richesse européenne actuelle sera épuisée sans que les pays d’origine des migrants économiques sortent de leur misère. Tout le monde y perdra jusqu’à ce que cette évolution insupportable représente un nouveau risque, pour ne pas dire une certitude, de conflits majeurs avec leur cortège de drames et de morts. Nous devons donc, en bonne charité intelligente, nous préoccuper d’urgence de signer des accords de coopérations avec les pays de nos anciennes colonies africaines. L’Europe y retrouvera, en aidant à leur re-développement, les nouveaux marchés qui décourageront les expatriations devenues inutiles, et tout le monde sera gagnant.

Cette immigration comporte un point encore plus délicat qui est celui de la pratique de l’Islam par une majorité des immigrants. Ceux-ci sont divisés en deux sortes. D’une part les braves gens qui, peu ou prou, pratiquent sans fanatisme et sans y voir de problème, la religion de leurs pères, et d’autre part, les autres qui en font une sorte d’arme de conquête de l’Europe, avec son cortège d’actes iconoclastes et même de bains de sang que leur fanatisme approuve quand ils n’y participent pas pas. Autant nous pouvons souvent nous entendre sans trop de difficultés avec les premiers qui partagent au moins avec nous la foi en un Dieu unique, autant il est évident que les autres sont ennemis déclarés et actifs de notre religion et de notre culture. Il y a là un problème énorme auquel nous, nos nations et l’Europe, sommes confrontés et pour lequel personne n’a de solution à ce jour. Le danger, ici, est que beaucoup (et beaucoup de candidats) préfèrent nier le problème que chercher à le résoudre. Ce n’est pourtant pas en niant un cancer qu’on le guérira.

Bien des points pourraient encore être abordés ici, mais nous ne voulons pas en dresser une liste exhaustive. Nous voulions surtout remettre sur la table ceux qui risquent de ne pas s’y retrouver pour la raison qu’ils sont difficiles et même imbuvables pour les “professionnels de la communication” qui ont la main sur la formulation des programmes des partis

Pour les autres points, disons que nous aimerions que les catholiques s’en réfèrent le plus systématiquement possible à un concept fort désuet à ce jour, celui des vertus cardinales : nous vous conseillons formellement de ne voter que pour les candidats qui appliquent réellement dans leur vie la prudence, la tempérance, la force et la justice. Et si d’aventure vous ne savez plus très bien ce que ces mots signifient, retrouvez leur sens, réfléchissez-y et, seulement alors, choisissez votre candidat et remplissez votre devoir électoral en toute conscience.

Croyez enfin à notre dévouement et priez parfois pour vos évêques.

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