Lettre à mes amis catholiques et même à ceux qui le sont moins.
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Comme vous (j’espère), je supporte de moins en moins facilement les attaques incessantes dirigées contre l’Eglise catholique dans nos pays de vieille chrétienté. Comme vous (peut-être), les provocations pseudo-artistiques et consternantes du laïcisme le plus indigent, qui n’ont d’autre but que de faire parler de spectacles lamentablement provocateurs, me dégoutent. Comme vous (j’en suis persuadé), je suis horrifié par la christianophobie de plus en plus criminelle qui sévit dans certains pays infestés par l’islamisme le plus obtus.
Ces divers niveaux de haine se développent parallèlement. D’un côté une répression sanglante et sauvage de plus en plus meurtrière, de l’autre une contestation sournoise, bête et méchante. Ne voulant pas voir de problème dans l’islamisme militant chez nous, certains de ces esprits libres ont tendance à ne pas s’encombrer des crimes commis ailleurs en son nom. Le plus détestable est le constat que cette attitude sévit également au sein même de l’Eglise parmi ceux qui contestent par principe tout ce qui pourrait avoir un lien quelconque avec « Rome » ou le moindre relent d’autorité vaticane. De contestations en faiblesse d’âme, de laisser-aller en fausse ouverture d’esprit, ces chrétiens-là font plus de tort au christianisme que les brutes qui, en pourchassant nos frères, lui donnent tous les jours de nouveaux martyrs.

Je vois bien que la situation est grave et que ces attitudes sont intolérables, mais pour autant, je ne pense pas que nous dussions leur répondre par l’anathème. Il n’est pas utile de répondre à l’exclusion par l’exclusion et surtout pas à la violence par la violence. Le Christ n’a-t-il pas arrêté lui-même le bras de Pierre qui voulait en découdre au jardin des oliviers ?
Autant je suis partisan de la plus grande fermeté dans la défense de nos droits de citoyens face à nos propres autorités, autant l’affirmation sans complexe de notre appartenance au Christ et la défense des racines chrétiennes de notre civilisation me semblent essentielles, autant me gênent les étendards et les rodomontades de certains qui ont tendance à instrumentaliser notre juste cause au profit de combats dont la forme n’a plus grand chose d’évangélique.
Si je puis me permettre, il me semble tout d’abord utile de ne pas répondre de la même manière à des attaques de nature et d’importances tout à fait diverses.
Les moins graves, même si elles sont spectaculaires, sont les atteintes plus ou moins heurtantes, graveleuses, injurieuses ou même volontiers blasphématoires contre Dieu, et contre la foi de beaucoup de citoyens. On est là dans le registre de la bêtise méchante et parfois répugnante. Y attacher la moindre importance c’est tomber dans son piège. Je recommande l’attitude de la caravane vis à vis des aboiements des chiens, ou celle des étoiles vis-à-vis de la bave des crapauds : le mépris le plus silencieux possible en espérant que la critique médiatique les situera à la seule place qu’elles méritent : la poubelle.
Autre chose sont les attaques manifestement orchestrées qui voient des politiques, des journalistes ou autres responsables associatifs, larrons en foire, unir leurs efforts pour diffuser à tout propos des critiques acerbes contre l’Eglise, le Pape ou tout autre représentant religieux. Les attaques de ce genre se sont multipliées ces dernières années. Nous avons ainsi eu droit tout dernièrement chez nous en Belgique, à une sortie de la douce Madame Marc Uyttendaele, Vice Premier Ministre, contre le Primat de Belgique qui a eu le front de publier la version néerlandaise d’un livre dans lequel il met en garde ses ouailles contre les choix parlementaires qui font fi des valeurs universelles.  Nous sommes ici dans le registre de la lutte pour le pouvoir. Nous assistons clairement à une tentative de prise de monopole par le politique face au pouvoir spirituel qu’il tolère de moins en moins. A nous donc d’utiliser tous les moyens que nous réserve la démocratie pour exiger la séparation des pouvoirs, et de la faire respecter par qui que ce soit, en dénonçant toute forme d’ingérence du politique dans les questions spirituelles ou dans la définition du bien et du mal. A chacun son métier, Madame, et la démocratie sera sauvegardée.
Enfin, le plus grave : les exactions perpétrées à l’encontre de tous les chrétiens et des religieux catholiques en priorité, qui se font systématiquement spolier ou tout bonnement assassiner au Proche Orient et dans d’autres pays  islamistes. Il faut constater ici que le mouvement semble bien s’amplifier d’année en année et de mois en mois et qu’il a pris des proportions terrifiantes. Même si ces martyrs ont un côté sublime, ce sont tous les démocrates du monde, bien au-delà des seules autorités des Eglises, qui doivent réagir avec la plus grande énergie afin que les pressions internationales soient d’ordre à décourager et à faire punir ces crimes, particulièrement odieux puisqu’ils concernent des personnes qui ont fait le vœux de consacrer leur vie à leur prochain.
La christianophobie est une hydre à combattre avec la plus grande détermination dans chacun de ses registres, mais, de grâce, (c’est le cas de le dire) surtout pas en amateur avec des méthodes contreproductives.

Pascal de Roubaix.

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