Il faut réduire les dépenses ? Tant mieux !

n°3 le 7 octobre 2009

Il faut réduire les dépenses ? Tant mieux !

Personne ne veut payer et cela n’étonne personne !

La crise financière et bancaire a débordé sur l’ensemble des activités économiques, sur le travail et surtout sur les budgets de l’Etat.

Le déficit public annoncé à notre pays qui n’a pour toute réserve qu’une dette abyssale, se creuse d’avantage, à chaque nouveau calcul. Du coup, nos oligarques sont bien embêtés. Comment continuer à distribuer sans compter alors que, malgré un système de prélèvements spoliatoires, ils ne parviennent plus à boucler leur budget ? Les rares bijoux de famille qui n’ont pas été bradés par leurs prédécesseurs sont très loin de pouvoir laisser le moindre espoir.

Bien entendu, ils pourraient théoriquement augmenter encore les transferts par de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes, mais, outre le fait que ça pourrait faire fort mal à leurs électeurs, il y a gros à parier que toute nouvelle ponction provoque un rétrécissement parallèle de l’assiette fiscale et qu’au bilan l’Etat y perde en rendement effectif ce qu’il comptait gagner en augmentant des taux.

Devant ces difficultés à augmenter encore les recettes, nos politiciens sont bien forcés d’envisager de poser des gestes qui sont contre nature pour un système interventionniste comme le leur : diminuer les dépenses.

Au lieu de considérer cela comme un crève-coeur, nous pensons qu’il faut saisir cette obligation comme une véritable aubaine. La gravité de l’addition est en effet telle qu’ils ne peuvent s’en tenir à la révision partielle de quelques chiffres et de réductions sporadiques à la marge. C’est le principe même de chaque dépense qui doit être remis en cause.

En réalité, le fleuve de l’Etat a tant débordé ces dernières décennies, qu’il ne sait plus où est son lit. Son delta est tellement étendu, son débit tellement lent que beaucoup ne se souviennent plus dans quel sens il coule. D’autres encore, qui ont peur des eaux vives, voudraient arrêter sa progression (ce sont les progressistes anti-progrès !) ils le rêvent stagnant comme un lac.

Nous suggérons donc de profiter de cette crise pour faire retourner ce fleuve dans son lit, c’est-à-dire cantonner l’Etat dans son rôle. Il n’y a, à cela, rien d’infamant, bien au contraire. Si nous voulons retrouver une économie performante (mais ça, en réalité, tout le monde ne le veut pas !) il faut rendre à l’Etat son rôle noble et essentiel d’arbitre. Rien de moins, mais rien de plus.

Ce que nous ne pourrions admettre, même soutenue par les plus beaux raisonnements du monde, ce serait une augmentation globale des perceptions obligatoires, quelque nom qu’on leur donne et quelque subtil qu’en soit le montage, sans qu’on ne profite de cette crise pour imposer un plan drastique d’économies structurelles, visant toutes les activités publiques ou parapubliques qui ne peuvent prouver leur “rentabilité”.

Par ailleurs, il y a une seconde condition évidente, à remplir avant de nous demander de boucher les trous, et c’est celle d’un retour à des pratiques financières strictement transparentes, quitte à interdire les titrisations trop sophistiquées qui obscurcissent vicieusement certains marchés, et à imposer une discipline nouvelle, acceptée par tous les intervenants, et sujette à des sanctions effectives, dures et rapides, pour le moindre contrevenant. Ici l’autorité publique est indispensable : elle doit en réalité veiller à la transparence effective et à la discipline stricte sans lesquelles il ne peut y avoir de vrai marché équitable.

Sans cette double condition qui nous permettrait de croire à un mieux structurel pour l’avenir, toute facilité accordée une fois de plus à l’Etat, nous apparaîtrait comme une supercherie pure et simple vis-à-vis de ceux qui, au finale, sont les seules vraies victimes des crises, les simples citoyens contribuables,… nous !

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