Bilan d’un grand-guignol.

Après 1 an et demi de palabres, nos oligarques se sont mis d’accord pour constituer, enfin, un nouveau gouvernement.

Cette crise politique à rallonges aura surtout mis en pleine lumière le décalage total que vit notre pays entre une oligarchie effective et une monarchie constitutionnelle qui subit tous les outrages mais qui oblige, malgré tout, à certaines formes dont on n’ose pas encore se passer. Remarquons ainsi qu’il aura fallu tous ces longs mois pour arriver à ces accords entre les chefs de clans mais que le Parlement (là où siègent les élus du peuple ) dispose lui de… 48 heures pour les avaliser. Et aucun élu ne songera une seconde à ne pas voter en toute obéissance avec une totale discipline de parti.

Maintenant qu’ils crient victoire et posent fièrement en héros « sortis de la grande épreuve », faisons un peu le bilan de cet interminable grand-guignol.

Du point de vue institutionnel, l’accord consiste à accepter le mensonge. Le mensonge d’un pays composé de deux nations, pardon, de trois, ou plutôt de trois nations et demi. Enfin, sur le nombre, personne n’est vraiment d’accord, mais ce qui est important est d’avoir cédé au sous-nationalisme flamand en faisant semblant d’espérer qu’il soit ainsi rassasié pour de longues années. C’est grotesque. Chacun peut constater que tous les ingrédients utiles aux prochaines querelles frémissent déjà et que rien ne sera résolu à ce sujet tant que le personnel politique sera tétanisé par le flamingantisme et ses métastases francophones ou wallonnes. Tant qu’aucun d’entre eux n’aura le courage de dénoncer l’ineptie suicidaire de l’unilinguisme obligatoire en plein cœur de l’Europe, nous continuerons à perdre : à perdre notre énergie, à perdre des marchés, à perdre notre argent et enfin à perdre désespérément notre pays malgré tous les atouts dont il dispose.

– Oui mais il n’y a pas que les nationalistes, il y a tous ceux qui refusent le socialisme wallon, sa paresse, ses prébendes et ses privilèges !

– Raison de plus pour ne pas lui concéder un territoire où il est quasi-incontournable. Au niveau belge le socialisme ne représenterait pas 25% des électeurs. Mais De Wever est son allié objectif. Plus « la Flandre » s’isole, plus elle lui abandonne les provinces francophones. C’est vraiment stupide.

Du point de vue économique et social, nous ne connaissons pas encore le détail de tous les ingrédients de la sauce à laquelle nous allons être mitonnés mais ce qui est certain c’est que, ici aussi, on passe totalement à côté de l’occasion d’une franche remise en cause de l’usine à gaz qu’est devenu notre pays. Certes des économies sont prévues, les autorités financières européennes et les marchés nous y contraignent, mais il y a encore et toujours des augmentations substantielles de contributions, sous les formes les plus diverses, dans un pays qui détient déjà de tristes records dans ce domaine. On ajoute ici et on réduit sévèrement là, on gratte un peu de ce côté pour mieux combler tel autre, on fait un peu mal à tout le monde mais nulle part on ne touche aux grands axes interventionnistes du système. La mise en œuvre des décisions prises nécessitera même, sans aucun doute, encore plus de règles contraignantes pour encore d’avantage de ponctions de tous ordres. Bref, si vous me permettez cette expression quelque peu démagogique, le Belge va continuer à payer l’incapacité (souvent volontaire) de ses dirigeants à réduire le poids que le pouvoir fait peser sur le citoyen. Cette crise était une belle occasion de présenter un solution globale tranchant totalement avec le passé, …c’est raté.

Par contre sur les autres sujets qui sont pourtant fondamentaux: Rien !        Ils semblent ne pas poser problème à nos politiques.

–         Pas un mot sur la restauration de la famille comme cellule de base de notre société.

–         Pas une allusion, pas une référence aux valeurs ni aux vertus qui sont pourtant indispensables au bien commun dans un Etat de droit et de liberté responsable.

–         Rien qui permette d’espérer voir un jour l’école libérée de ses entraves politiques.

–         Silence total sur l’évolution délétère du respect dû à la vie humaine dans les domaines médicaux comme dans la recherche.

–         Un accord ultra rapide sur la politique concernant l’immigration, même si elle ne dépendra plus que d’un ministre, nous inquiète et semble bien passer sous silence toute action volontariste, toute politique d’aide aux pays concernés pour qu’ils conservent leurs ressortissants.

–         Quant à l’Islamisme, personne n’en parle puisque, décidément, le politiquement correct ne veut ni l’entendre, ni le voir.

Alors rien de bon après tout ce temps ? Si, heureusement : les échecs successifs des politiques ont vu grandir le rôle indispensable, unique et salvateur de notre Roi. Cette crise record a mis en évidence et renforcé sans conteste le rôle irremplaçable de notre Monarchie. Si la loi et la liberté sont malmenées, il nous reste le Roi.(1) C’est toujours ça.

Pascal de Roubaix.

(1) C’est sans doute pour compenser un peu cette trop bonne image que notre chère RTBF (un « service public » que nous finançons de nos impôts) a cru bon de nous concocter ce lundi à grands coups de pub, une petite émission infecte dont le seul but était évident : faire tort à la royauté entière à travers les frasques du Prince Laurent et des affabulations au sujet de futures difficultés pour la succession du Roi.

(vote)
Loading...Loading...