Arrêtez le massacre !
16388264_10211911040910319_386434094902921696_n

J’ai passé toute ma jeunesse, dés l’âge de 5 ans, entre les mains des curés ! C’était précisément dans les années 50 et 60.

J’ai été interne et externe. J’ai fait partie de mouvements de jeunesse, de chorales et d’acolytats. J’ai fait du bricolage et du sport, du théâtre, des camps de vacances et même de la danse, sous leur conduite. J’ai servi la messe de certains et n’ai que rarement manqué la confession hebdomadaire ni, bien entendu, la retraite fermée annuelle. J’ai même passé des heures, après la classe, dans le bureau de l’un d’entre eux qui voulait me soustraire aux distractions extérieures, le temps de faire mes devoirs. J’avais aussi les cheveux blonds et le tempérament… fort canaille. Nous n’ignorions absolument pas que certains d’entre nous, plus « mignons » que les autres, obtenaient plus facilement certaines autorisations, et nous les utilisions même, non sans en rire, comme ambassadeurs dans les cas difficiles. Personne n’en fut traumatisé car il n’y avait rien que de très bon enfant dans tout cela.

J’ai trois frères qui ont fait le même genre de parcours, des dizaines de cousins, des centaines d’amis.

Jamais, pas une seule fois durant toutes ces années, je le jure, je n’ai subi ni même entendu dire qu’un de nous aurait subi l’ombre d’un geste déplacé de la part de l’un de nos professeurs.

Non, les prêtres des années 50 et 60 ne formaient pas une bande de pédophiles potentiels sexuellement immatures, comme certains essayent de le faire croire aujourd’hui. Au contraire, puisque l’occasion m’en est donnée par les attaques brutales dont notre Eglise est la cible ces temps derniers, je veux témoigner ici de ma profonde reconnaissance et de la tendresse respectueuse que j’éprouve encore et à jamais, pour ces hommes qui ont consacré toute leur vie, sans compter leurs heures ni ménager leurs efforts, à mon instruction, à celle de mes frères, de mes amis et de générations d’enfants qui ont connu la même chance que nous.

Je ne veux pas retourner le fer dans les plaies de nos enseignants d’aujourd’hui, mais entre ce que nous avons eu la chance de recevoir et ce qu’ils peuvent donner aujourd’hui, la comparaison est tout simplement dramatique pour les enfants de 2010.

Ce n’est évidemment pas parce que la toute grande majorité d’entre eux étaient d’admirables maîtres qu’il faille excuser l’inexcusable, et les fautes des plus faibles ne doivent pas être couvertes par crainte du jugement populaire. Des prêtres ont abusé d’enfants qui leur étaient confiés ; au lieu de les instruire, ils en ont fait les jouets de leur perversion. C’est absolument ignoble. Ils ne sont pas les seuls, les abus intrafamiliaux sont bien plus nombreux : c’est vrai, mais ça ne les excuse en rien. Ils devaient être des exemples et ont été fauteurs de scandale. Ce sont des conduites abominables qu’on ne peut laisser impunies. Tout le monde est d’accord là-dessus.

Mais à cette époque les ignominies étaient réglées dans la discrétion, alors qu’aujourd’hui on préfère les étaler sur la place publique. Notre époque ne veut plus d’hypocrisie !  Ce serait louable si nous n’en étions pas revenus par la même occasion au temps des délations et des tricoteuses.  Je ne suis pas persuadé que ce soit mieux.

Par ailleurs, la guerre est bien ouverte contre l’Eglise par tous les laïcistes qui se croient autorisés à lui faire la leçon en ces honteuses circonstances, et le plus pénible est de voir un prêtre sur les plateaux de télévision,  manifestement ravi de sauter sur l’occasion pour en rajouter dans la surenchère à charge. Mon père aurait dit : « à chaque guerre ses collabos ! »

Pourtant la sagesse, la justice pour l’avenir, n’est pas d’accabler l’Eglise ni qui que ce soit d’autre. Notre société vient de se découvrir une pathologie : la pédophilie est en elle, comme un cancer dont les métastases touchent tous ses organes, des prêtres scélérats n’étant que les révélateurs spectaculaires d’un mal généralisé.

Allons-nous trouver les ressources morales indispensables pour en sortir dignement ? Avec le niveau de conscience morale de nos dirigeants actuels, il y a de quoi s’inquiéter.

 

(vote)
Loading...Loading...